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19 Novembre 2017 | 1er, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Régions

Lyon : Le cinéma israélien en festival

Un cinéma libre, varié et ouvert qui parle au monde.

Comme chaque année depuis 7 ans, l’Espace Hillel organise le Festival de Cinéma Israélien à Lyon et dans la métropole lyonnaise.

Avec neuf films, dont deux avant-premières, dans neuf cinémas différents (Comoedia et Opéra à Lyon, Ecully, Villeurbanne, Décines, Sainte-Foy-les Lyons, Bron, Caluire, Meyzieu), le cinéma israélien dans sa diversité part à la rencontre de son public partout où il se trouve.
Alors qu’il n’existait presque plus, le cinéma israélien a conquis le monde à partir des années 2000. Totalement libre dans son propos, portée par une jeune génération talentueuse, la production israélienne a raflé des prix dans le monde entier. Ayant convaincu la critique, il reste aux films israéliens à aller à la rencontre du public. Souvent peu exposés, ces films profitent des festivals pour être vus par le grand public.
Le conflit avec les Palestiniens fut souvent à l’origine de nombreux films et la lecture qui en était faite ne convenait pas toujours aux membres de la communauté juive. Depuis 5 à 6 ans, le cinéma israélien a beaucoup évolué et aborde aujourd’hui un très grand nombre de sujets notamment sociétaux, familiaux ou intimistes. Le cinéma israélien s’est en cela rapproché du cinéma français avec qui il a de nombreuses coopérations. Le cru 2016 du festival a proposé des comédies, des documentaires sur la danse israélienne, sur l’école, un drame familial et un film sur l’assassinat d’Yitzhak Rabbin.
Le festival débute au Comoedia de Lyon avec Zero motivation, ce film avec Dana Ivgy est une comédie qui rappelle Mash de Robert Altman en 1970. Parodique à souhait, il évoque le quotidien de plusieurs jeunes filles qui exercent des tâches administratives lors de leur service militaire en plein désert. Tantôt drôle, tantôt tragique, il raconte avec dérision l’armée. Grand succès public en Israël, ce film montre la maturité d’une société qui sait de se moquer d’elle-même et de son armée.
Plus poétique, le documentaire Mister Gaga, sur les pas de Ohad Naharin, rend hommage à l’un des plus grands chorégraphes actuels. Enfant du kibboutz, Ohad Naharin est l’âme de la Batsheva Dance Compagny qui est une référence de la danse contemporaine et effectue des tournées internationales. D’une grande sensibilité, Ohad Naharin vit pour la danse, il incarne l’esprit israélien d’aujourd’hui, pionnier, novateur, moderne, ouvert sur le monde tout en étant attaché à ses racines.
Plus difficile dans le propos, le documentaire This is my land rencontre des écoliers et des professeurs israéliens et palestiniens. Manquant de recul et d’explication historique et pédagogique, ce film a le mérite de montrer parfois crument l’éducation à la haine des Juifs dans les écoles palestiniennes encouragée par les éducateurs. Le ressentiment, la violence, la haine semblent être la seule alternative de la jeune société palestinienne.  Côté israélien, la situation apparaît peu reluisante elle aussi, mais montre surtout que les jeunes Israéliens se désintéressent d’un conflit qu’ils ont toujours connu et dont ils n’entrevoient pas la sortie. La dissymétrie entre les jeunes protagonistes y est patente malgré un réel parti pris du film qui manque d’explication sur l’histoire d’Israël ou sur la tradition juive.
De douces paroles, quant à lui, évoque un sujet plus familial qui rappelle le cinéma français. Après la mort de leur mère, 3 frères et une sœur découvrent de nombreux secrets enfouis au plus profond de leur histoire intime.
Le cinéma israélien par son côté touche-à-tout accède au rang du cinéma qui compte sur le plan mondial. S’il n’existe pas encore de « blockbuster » israélien, le nombre et la variété des films, ainsi que la liberté de ton font du cinéma israélien une référence mondiale.

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