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24 Avril 2017 | 28, Nisan 5777 | Mise à jour le 21/04/2017 à 12h34

Rubrique Régions

Alain Bauer : «Israël a une problématique très particulière»

(Crédit : Hay’images)

Alain Bauer, professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers (Paris) et Fudan (Shanghai), président du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégique (CSFRS) ainsi que du Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNAPS), était l’invité d’honneur du dîner du CRIF Sud-Est. Il a aimablement accepté de répondre à nos questions.

Actualité Juive: Quels thèmes avez-vous abordés ?
Alain Bauer :
Parler du terrorisme à Nice a une dimension un peu douloureuse à cause d’événements encore récents. Dans la problématique du terrorisme il y a trois phases : vigilance (être prudent), résilience (s’adapter) et résistance (pratique d’action et d’organisation), les résistances étant de toute nature. Personne ne demande d’aller prendre les armes pour combattre l’Etat islamique sur place. Je vais expliquer les modalités, mutations et évolutions, non plus du mais des terrorismes pour que chacun ait la capacité de comprendre ce dont il s’agit. Le criminologue a une vision assez simple qui est comme celle d’un médecin, c’est-à-dire très clinique : diagnostic, pronostic et thérapeutique. On a un débat entre des options diverses et je vais essayer de fournir des clefs de compréhension. Plutôt apprendre à pêcher que donner du poisson.

A.J.: Faut-il s’inquiéter pour l’avenir de la France ?
A.B. :
La France a survécu à de nombreux cycles de terrorisme. La question est : quelles sont les armes pour comprendre, prévenir et gagner ? Le bon  anti-terrorisme, ce n’est pas quand on arrête l’auteur d’un attentat, c’est quand il n’y a pas d’attentat. On est très bon dans l’après, mais il faudrait qu’on soit meilleur dans l’avant. Le réactif est d’assez bonne qualité. Le proactif devrait être modernisé, développé, mis en situation d’être partagé. C’est un processus citoyen.


« Avec Israël et les États occidentaux nous avons les mêmes ennemis »

A.J.: Que donne le rapprochement entre la France et Israël dans le combat contre le terrorisme ?
A.B. :
L’Etat français a toute une série d’accords avec beaucoup de pays. Pour la première fois dans l’Histoire, les amis de nos amis ne sont pas toujours nos amis et les ennemis de nos ennemis ne sont pas toujours nos amis sur le territoire moyen-oriental. Par contre avec Israël et tous les États occidentaux plus ou moins démocratiques (Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, Allemagne, Chine…) nous avons les mêmes ennemis. Donc des processus de coopération bilatérale d’assez bonne qualité se développent. Evidemment, Israël a une problématique très particulière : il n’est pas directement en situation d’affrontement avec l’Etat islamique. Israël a une pratique, une connaissance, des méthodes de prévention du terrorisme qui sont de très bonne qualité, sur lesquelles il y a beaucoup de travail commun à réaliser. Aux Assises de la Recherche Stratégique, nous accueillerons un des grands experts de l’Institut du Contre-Terrorisme de Herzlya. Moi-même, j’étais à Herzlya, il y a un mois, afin de partager ce que nous savons, connaissons et ce que nous cherchons encore à comprendre.

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