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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Monde juif

Auschwitz, hier, aujourd'hui et demain

(Wikipedia)

La Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah se déroule chaque année le 27 janvier, date anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau. L'occasion est saisie de réfléchir avec Serge Klarsfeld au symbole incarné par Auschwitz.

Hier. Le 27 janvier 1945, les troupes russes libéraient le camp d'Auschwitz-Birkenau, révélant au monde entier l'horreur des crimes nazis. Le lieu deviendra le symbole de la "solution finale" à la question juive décidée à Wannsee par les hauts dignitaires du Troisième Reich.

A l'initiative des ministres de l’Éducation des États membres du Conseil de l’Europe, en 2002, moins de soixante ans plus tard, les ministres européens de l'Éducation adoptaient, le 18 octobre 2002, la déclaration qui institue une journée de mémoire de l'Holocauste et de prévention des crimes contre l'humanité. Ils furent suivis par l'ONU, qui dans une résolution intitulée « Mémoire de l’Holocauste » adoptée le 1er novembre 2005 décidait que les Nations unies la célèbreraient chaque année, le 27 janvier, à la date d’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

"Ce jour-là dans tous les pays du monde, on commémore la Shoah et l'on ne peut pas nier que cela soit une grande avancée en ce qui concerne son histoire et sa mémoire" commente Serge Klarsfeld, président des Fils et Filles des Déportés Juifs de France.

La date du 27 janvier n'a pas été choisie au hasard parce qu'il s'agit de celle de la libération d'Auschwitz. Et l'avocat nous rappelle qu'il y a une hésitation avec le 20 janvier, qui est celle de la conférence de Wannsee au cours de laquelle la solution finale à la question juive a été officialisée : "Ça s'est discuté mais c'était trop d'honneur de choisir la date des bourreaux mais il était préférable de choisir la libération du camp qui était le plus emblématique".

72 ans après la libération de ce camp, de nouveaux enjeux se posent pour la transmission de la mémoire de la Shoah. Parmi lesquels "l'hostilité d'une partie de l'opinion mondiale vis-à-vis du monde juif et du judaïsme"; dixit S. Klarsfeld. 

 Quel rôle joue le site d'Auschwitz dans ces questions mémorielles ? Au fil de son histoire, les trois sites du complexe - le camp de concentration et d'exécution d'Auschwitz, le camp  d'extermination de Birkenau et le camp travail de Monowitz-Buna - connaîtront des destinées différentes, parfois nourries de controverses.

"La première fois que je me suis rendue à Auschwitz en 1965,  j'étais tout seul à Birkenau. Et aujourd'hui, c'est presque deux millions de personnes qui se rendent à Auschwitz-Birkenau tous les ans. Ca veut dire qu'Auschwitz est vraiment le site emblématique et que du monde entier on rend pour voir un exemple du crime dans l'histoire, l'organisation méthodique par un procédé industriel de la mise à mort d'un maximum de personnes. Les gens comprennent que cela touche à la civilisation, à l'humain, à l'Occident et qu'il reste beaucoup d'interrogations et se rendent sur place pour y trouver les réponses." nous confie Serge Klarsfeld. Le site est une rencontre entre des gens qui s'interrogent et ce qu'ils en retirent, à savoir la vision d'une inhumanité des régimes totalitaires.

"Il y a des critiques sur le fait que les gens se pressent les uns derrière les autres, mais Auschwitz n'a pas été fait pour des masses de touristes. D'ailleurs, le site est en train d'être repensé". Et le célèbre chasseur de nazis de conclure : "Le fait de voir deux millions de personnes venir est moins choquant que de ne voir personne."

Symbole du plus grand génocide contemporain et alors que le dernier témoin nous quitte, le site d'Auschwitz débute une nouvelle étape en s'adaptant à la question mémorielle du devoir de transmettre qu'il soulève. 

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