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20 Septembre 2017 | 29, Elul 5777 | Mise à jour le 19/09/2017 à 18h07

Rubrique France/Politique

5 choses à savoir sur Salah Amokrane, conseiller de Hamon

« Je crois, que malheureusement, les horreurs des agressions israéliennes se sont banalisées », confiait Salah Amokrane au site de l’Université populaire de Toulouse, en 2014.(DR)

Comme l’économiste Thomas Piketty ou le sociologue Dominique Méda, ce militant associatif est l’une des sept personnalités de la société civile choisie comme conseiller par le candidat socialiste. En charge des questions de justice et d’égalité, il a derrière lui un long parcours au sein de la mouvance pro-palestinienne.

L’autre frère des Zebda

Salah Amokrane est moins connu du grand public que ses deux frères, anciens membres du groupe Zebda. Il a néanmoins largement contribué à la « reconversion » des auteurs du fameux tube « Tombez la chemise ». Avant de soutenir Benoît Hamon, il devient salarié puis coordinateur de l’association Takticollectif, la vitrine politique de Zebda. En 2001, il conduit la liste « Motivé-e-s » lors des élections municipales à Toulouse. Et crée la surprise avec 12% des suffrages.


A l’origine des Indigènes

En 2005, l’élu toulousain figure parmi les signataires, à titre de « soutiens », du manifeste « Nous sommes les Indigènes de la République ! », acte de naissance médiatique d’un mouvement aux relents antisémites, homophobes et racistes. 

Accusant les pouvoirs publics d’ « indigéniser » les populations issues de l’immigration post-coloniale, le texte dénonce également que, « comme aux heures glorieuses de la colonisation, on tente d’opposer les Berbères aux Arabes, les Juifs aux « Arabo-musulmans » et aux Noirs. Les jeunes « issus de l’immigration » sont ainsi accusés d’être le vecteur d’un nouvel antisémitisme ». 


Contre la circulaire anti-boycott

La question palestinienne revient dans plusieurs interventions du conseiller du candidat socialiste. Il se prononce ainsi en 2014 en faveur de l’abrogation de la circulaire Alliot-Marie permettant la poursuite des appels au boycott contre un autre Etat. Dans un texte paru sur un blog Mediapart, il critique le gouvernement de Manuel Valls qui, « soucieux de ne pas fâcher le pouvoir israélien »,  « n’a pas hésité […] à laisser entendre que la solidarité avec les Palestiniens portait en elle l’antisémitisme ». Avec l’élu communiste de Paris Clémentine Autain ou le philosophe Giorgio Agamben, M. Amokrane  réclame également la fin des poursuites contre les participants aux manifestations pro-palestiniennes de l’été 2014 qui avaient dégénéré dans la violence.


Eduquer sur les « horreurs israéliennes »

A ses yeux, la cause palestinienne mériterait d’être mieux connue en France. Il défend un « besoin de formation » sur le sujet pour mieux saisir les conséquences des « offensives meurtrières » israéliennes.   

« Je crois, que malheureusement, les horreurs des agressions israéliennes se sont banalisées », confie-t-il au site de l’Université populaire de Toulouse, en 2014. « Les gens suivent beaucoup l’actualité de la situation en Palestine, ils en parlent beaucoup. Il faudrait que l’on puisse faire du travail dans les quartiers y compris en dehors des moments de crise ». La prise pour cible de populations civiles israéliennes par les roquettes du Hamas ne fait elle l’objet d’aucun commentaire.


Pour une laïcité à la sauce multiculturaliste

Benoît Hamon a été épinglé, au cours de cette campagne, pour ses faiblesses devant la progression d’un islam salafiste et communautariste en France. Interrogé le mois dernier par le quotidien La Dépêche, son conseiller livre sa vision de l’avenir de la laïcité au sein de la « réalité française multiculturelle ». Pour lui, à une « conception punitive », il faut privilégier, comme M. Hamon, une « vision équilibrée ». « On ne peut pas faire de la présence des musulmans, qui sont des citoyens français, un danger », estime-t-il. Il faut partir de la question de la liberté et de la contrainte. Si une femme est contrainte à porter le voile, on ne peut que condamner. Si c’est son propre choix, la question se pose différemment ». Légiférer sur ces questions, notamment sur le burkini, serait aussi « contre-productif », menaçant la « cohésion » du pays.

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