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30 Mai 2017 | 5, Sivan 5777 | Mise à jour le 29/05/2017 à 15h58

Chabbat Nasso : 21h28 - 22h52

Rubrique France/Politique

Laurence Haïm : « Me rendre utile pour la France »

Après plus de vingt ans de journalisme, l’ex-célèbre correspondante du groupe Canal + aux Etats-Unis est de retour dans l’Hexagone où elle s’est engagée dans une démarche purement citoyenne en faveur d’En marche ! Actualité Juive est dernièrement parti à la rencontre de la porte-parole en charge des questions internationales au QG du parti dans le 15ème arrondissement parisien. « Ici, cela ressemble à un vrai start-up », nous dit l’intéressée en préambule de l’entretien. Sa nouvelle mission, qui s’étale sur quatre mois, est de faire triompher la démocratie sur le Front National. « C’est la raison première de mon engagement », plaide-t-elle.

Actualité Juive : Détaillez-nous les coulisses de votre basculement dans le milieu politique.

Laurence Haïm : Après toutes ces années bercées dans le journalisme, j’avais envie de découvrir d’autres sphères, de rencontrer de nouvelles personnes, de suivre une démarche intellectuelle différente et de me remettre totalement en question. J’avais interviewé Macron il y a trois ans pour Itélé. Depuis, on ne s’était jamais revu. Le déclic ? Mon retour en France en décembre dernier sur fond d’un conflit extrêmement pesant au sein de la chaîne info. Je suis devant mon écran pour regarder le meeting de Macron, Porte de Versailles et d’emblée, je suis impressionnée par son énergie et son enthousiasme. Mon idée est alors de rejoindre son équipe de campagne de sorte à me rendre utile pour la France qui vit une période difficile. Je téléphone à un membre de son équipe et en moins de 48 heures, je parviens à rencontrer Emmanuel Macron. Cet entretien d’une demi-heure n’aura fait que conforter mon souhait de travailler à ses côtés. J’ai apprécié le fait qu’il me reçoive dans des délais rapides. Cela correspond bien à ce qui se pratique outre-Atlantique : c’est direct et ça va vite. 


A.J.: Concrètement, qu’apportez-vous au parti En marche ?

L. H. : J’amène mon expérience, mes idées et ma connaissance des campagnes. Je prends mon rôle très modestement. Je lui fais part de ce que j’ai vu aux Etats-Unis. J’étais à ses côtés dernièrement avec son conseiller diplomatique Aurélien Lechevallier lors de ses rencontres avec John Kerry et Michael Bloomberg. Pour la préparation des débats télévisuels, on travaille au QG tous ensemble. Ici cela fonctionne comme une start-up. Je lui dis ce que je pense. J’espère que je lui apporte ce pourquoi il m’a fait venir.

  

A.J.: Un grand nombre de sondages prévoient une qualification de Macron pour le second tour de l’élection présidentielle. Comment l’expliquez-vous ?

L. H. : On ne veut surtout pas tomber dans un semblant de triomphalisme. Il faut préparer avant tout le premier tour avant de se projeter dans l’hypothèse du second. On travaille dur jusqu’au bout. Macron correspond à un besoin de renouvellement de la classe politique. Il correspond à une France qui a envie d’une Europe forte dans un monde de plus en plus anxiogène. Son discours semble novateur par rapport à d’autres. Son jeune âge n’est pas un handicap, au contraire. Et il maîtrise parfaitement la langue anglaise. Ce qui représente un vrai plus. 


« On ne veut surtout pas tomber dans un semblant de triomphalisme »

A.J.: Le FN et sa candidate Marine Le Pen constituent une sérieuse menace…

 L. H. : Je ne supporte pas l’idée que la France puisse être aux mains de Le Pen. Ce n’est pas acceptable que des messages simplificateurs fassent arriver au pouvoir un parti qui cache vraiment ce qui a derrière lui. Marine Le Pen a gommé le nom de Jean-Marie Le Pen. Mais Marine Le Pen fait partie de la dynastie Le Pen. J’ai suivi la campagne de Donald Trump. C’est son populisme simplificateur qui l’a porté au pouvoir. Le résultat, c’est le chaos. Et au quotidien beaucoup de personnes compétentes sur des dossiers sensibles à Washington ne veulent même plus travailler dans son administration. 


A.J.: Comment le candidat Macron se positionne-t-il au sujet du conflit israélo-palestinien ?

L. H. : Il est favorable à une reprise des négociations avec la création de deux Etats vivant côte à côte, en sécurité, dans les frontières internationales reconnues.


A.J.: Ouvrons une parenthèse. La page Wikipédia qui vous est dédiée indique que vous possédez la nationalité israélienne. Confirmez-vous ?

L. H. : C’est complétement faux ! Mon lieu de naissance se situe à Paris. Je suis française et de confession juive. Mon rapport avec le judaïsme est fort et en même temps complexe. J’ai beaucoup travaillé en Israël mais aussi très souvent dans les conflits aux côtés des Palestiniens à Gaza, Ramallah et Bethléem. Ce que je pense sur cela relève de ma vie privée. 


A.J.: Avez-vous définitivement quitté le journalisme ?

L.H. : Je vis pour l’instant une aventure passionnante au sein du parti En marche ! La suite, on verra…J’espère simplement faire au mieux pour Emmanuel Macron. 

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