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29 Mai 2017 | 4, Sivan 5777 | Mise à jour le 26/05/2017 à 12h37

Rubrique Israël

Qui est Mazen Faqha, le chef du Hamas éliminé à Gaza?

Les militaires du Hamas transportent le corps de Mazen Faqha. (Flash90.)

Israël renforce sa vigilance dans l'ouest du Néguev, mais surtout en Judée-Samarie. L'organisation terroriste pourrait choisir de riposter en contournant la trêve en vigueur sur Gaza.

L’opération avait été soigneusement préparée. Les assaillants de Mazen Faqha sont repartis aussi discrètement qu’ils étaient venus ce 24 mars dans le quartier Tel al Hawa à Gaza. Quatre balles à bout portant tirées avec un silencieux, douilles ramassées après l’attaque, rien n’a été laissé au hasard. Un mode opératoire qui a son sens : en ne laissant pas de signature, son auteur dispense le Hamas de réagir directement. Ce qui n'a pas empêché le laeder du Hamas au Qatar de se montrer menaçant : « si Israël veut changer les règles du jeu, nous relèverons le défi », affirme Khaled Meshaal. Le Hamas, qui continue de se réarmer, aurait développé de nouvelles roquettes de courte portée avec des ogives beaucoup plus puissantes.

Si l’on considère que c’est effectivement une action israélienne, alors il s’agissait d’une action préventive. Mazen Faqha, Palestinien du nord de Naplouse, condamné par Israël à la perpétuité pour terrorisme, avait été relâché en 2011 contre la libération de Gilad Shalit et expulsé vers Gaza. C’est là qu’il est devenu l’un des commandants à distance de la branche armée du Hamas pour la Cisjordanie. Il avait recruté, formé et encadré des Palestiniens de Samarie pour commettre des attentats. 


Tsahal a pourtant commencé à limiter les visas d’entrée des Gazaouis vers Israël

Le Hamas sait qu’il est limité dans son action à Gaza. D’abord parce qu’il est tenu par la trêve de 2014 avec Israël, ensuite parce qu’il a la responsabilité directe de la population de l’enclave côtière qu’il administre. En Judée-Samarie en revanche, l’organisation terroriste a les coudées franches, aussi longtemps en tout cas qu’elle peut échapper aux forces de sécurité israéliennes et à celles de l’Autorité Palestinienne. Elle peut donc tenter de renouveler ses attaques contre les Israéliens en Judée-Samarie, mais aussi en-deçà de la Ligne verte. Par précaution, Tsahal a pourtant commencé à limiter les visas d'entrée des Gazaouis vers Israël.

C’est contre ce risque qu’avait mis en garde le nouveau patron du Shin-Beth, quelques jours à peine avant l’élimination de Faqha. « Le calme actuel est trompeur », avait affirmé Nadav Argaman. En 2016, pas moins de 400 terroristes ont été arrêtés avant de passer à l'acte. Le Hamas et la mouvance djihadiste tentent tous les jours de mettre au point des attentats, a encore expliqué le directeur des services de sécurité intérieure d'Israël, ajoutant que la période des fêtes de Pessah serait propice à de nouvelles tentatives. Dans ces conditions, l'élimination de Mazen Faqha peut apparaître comme un risque calculé. Ne pas intervenir signifiait laisser aux chefs du Hamas un sentiment d'impunité : liberté d'agir hors de la Bande de Gaza et invulnérabilité à l'intérieur du territoire côtier, où Israël n'irait pas les chercher. En choisissant d'agir, Israël a envoyé un message clair à Yaya Sinouar, le nouveau chef du Hamas : ni lui ni ses hommes ne sont plus à l'abri. 

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