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24 Juillet 2017 | 1er, Av 5777 | Mise à jour le 24/07/2017 à 17h09

29 juillet 2017 - Chabbat Devarim (Chabbat 'Hazon) : 21h16 - 22h31

Rubrique Culture/Télé

Primo Levi nouvelliste

Outre son chef-d’œuvre autobiographique « Si c’est un homme », Levi chérissait les fables morales et possédait un formidable talent de conteur

A  l’occasion du 30e anniversaire de la mort de Primo Levi, 10/18 publie un recueil de nouvelles intitulé : « Dernier Noël de guerre ». Ces textes courts et incisifs, écrits pendant les dernières années de la vie de l’auteur (entre 1977 et 1987), mêlent drame et humour dans un style simple et puissant. Ce sont treize nouvelles et autant de leçons de vie qui ont pour unique point commun de laisser après leur lecture, un sentiment diffus « d’étrangeté au monde », une sorte de malaise indescriptible comme, par exemple, lorsque le narrateur entre dans la peau d’un kangourou. Parfois denses, parfois légères, ces très courtes nouvelles mettent en scène des éléments autobiographiques mais aussi fictifs comme des animaux épris de liberté ou interrogés par des journalistes. Fidèlement à la formule de La Fontaine : « Je me sers des animaux pour instruire les hommes ».

Le titre de l’ouvrage fait référence au cinquième récit, autobiographique, qui décrit un Juif déporté faisant son Noël comme un Chrétien, lorsqu'il reçoit un cadeau pouvant apaiser sa faim et relancer son appétit de vivre. Avec ces histoires, Primo Levi démontre qu’outre son chef-d’œuvre « Si c’est un homme », le témoignage sur le camp qui a fait de lui un témoin de l’histoire, la fiction est un mode d’écriture privilégié qui l’accompagne tout au long de sa vie. Cette forme de récit n’était pas un simple divertissement compensatoire, mais un moyen d’expression à part entière, un style que l’auteur n’a jamais cessé d’affectionner. En 1970, l’écrivain expliquait son ambition d’écrire « des contes moraux déguisés en nouvelles de science-fiction ». Une autre façon de partager sa vision du monde. Le recueil « Lilith » étant par ailleurs, le plus connu d’entre eux.


Primo Levi, « Dernier Noël de guerre », 10/18, 128 pages, 6,10 euros

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