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26 Avril 2017 | 30, Nisan 5777 | Mise à jour le 26/04/2017 à 15h19

Rubrique Israël

Yom HaShoah: comment Yad Vashem honore cette année les victimes

Visages exposés au Mémorial de Yad Vashem (Flash90.)

Cette année, le Mémorial de Yad Vashem consacre la journée du souvenir de la Shoah et de l'héroïsme à la restauration des identités, l'histoire des individus au cœur de la Shoah.

Avec le temps qui s'écoule, la mémoire de la Shoah est semblable à celle de tous les deuils individuels. Il faut lutter contre son effacement progressif, sa dilution, pour préserver et transmettre avec la plus grande fidélité possible tout ce qui peut l'être pour que les disparus se perpétuent dans le souvenir des générations qui ne les ont jamais connus. Quand cette mémoire se multiplie six millions de fois, le défi peut sembler insurmontable. A Jérusalem, le Mémorial de Yad Vashem travaille sans relâche à ériger et consolider un barrage contre l'oubli et un pont vers le futur. 

Il ne s'agit pas seulement de transmettre les noms des victimes. Chaque individu a un nom, une thématique qui reste au cœur de la mission de Yad Vashem, qui s'y consacre chaque année en donnant l'occasion à tous ceux qui le souhaitent de lire les noms des membres de leur famille exterminés par les nazis. Pour les cérémonies qui se dérouleront le 24 avril, le Mémorial s'attachera aussi à rendre à ces victimes leur dignité personnelle et leur identité. Grâce aux Feuilles de témoignage remplies au fil des années par les proches et les descendants, mais aussi aux photos, lettres ou effets personnels des disparus retrouvés et transmis au Mémorial, ceux-ci ne seront plus des ombres. 


Eriger et consolider un barrage contre l’oubli et un pont vers le futur

Chaque Juif assassiné redeviendra ce qu'il a été avant d'être déshumanisé, broyé, anéanti et réduit à un chiffre ou une statistique par les barbares d'Hitler. Yad Vashem remettra en avant l'histoire personnelle de chaque homme, femme ou enfant avec son nom, son visage, son histoire, ses espoirs. Chacune de ces victimes était unique, comme l'était le monde qu'elles représentaient, avec ses réalisations et ses rêves. Il faut en retrouver le visage, reconstituer le portrait avec tous les indices dont on dispose pour lui redonner consistance et réalité. C'est à ce prix que l'horreur de la Shoah ne pourra plus se résumer à un décompte morbide et abstrait, pour apparaître comme ce qu'elle est réellement : un assassinat perpétré six millions de fois. L'esprit humain n'est pas bâti pour concevoir cette échelle d'abomination. 

C'est précisément sur cela que comptent les éducateurs de Yad Vashem pour préserver la mémoire des victimes et prévenir un autre projet d'annihilation. Raconter la Shoah comme une histoire humaine permet une identification. Retrouver les traces laissées par les victimes, parfois quelques instants avant leur mort, rend l'abjection de leur meurtre encore plus insupportable. Certains des textes découverts notamment sur le site de la grande synagogue de Kovel en Ukraine et qui avaient été laissés par quelques-uns des huit mille Juifs, parqués là avant d'être massacrés par les nazis, font partie de ceux qui seront présentés cette année par Yad Vashem. Héroïques, désespérés ou poignants, ces messages sont les étincelles d'humanité qui ont vaincu les ténèbres.

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