Default profile photo

20 Septembre 2017 | 29, Elul 5777 | Mise à jour le 19/09/2017 à 18h07

Rubrique Culture/Télé

Julie Zenatti : « Chanter en hébreu, pour moi, me semblait naturel »

(DR)

Depuis la sortie de son nouvel album « Méditerranéennes » la chanteuse est sur les routes pour le présenter. En attendant de prochains concerts, petite escale...

Actualité Juive : Qu'est-ce qui vous a déterminé à faire ce nouvel opus “Mediterranéennes ?

Julie Zenatti : D'abord l'envie, comme tout ce que je fais. L'envie artistique de mélanger des genres qui ont des histoires, des goûts et surtout des rythmes communs. Une envie aussi de rendre hommage à mes origines et d'un point de vue personnel à ma famille. Je voulais élargir parce que la culture méditerranéenne c'est avant tout un mélange de cultures qui se sont rencontrées et se sont enrichies les unes les autres. 


A.J.: Comment avez-vous choisi les chansons pour cet album ?

E.Z. : En fonction des histoires de chacun et à partir de ce que chacun avait envie de raconter de sa Méditerranée. D'où il vient, son héritage familiale, des langues de chacun. Ce n'est pas que mon histoire mais aussi celle des onze autres. Pour « Je dis aime », par exemple je savais que la jeune comédienne Lina El Arabi, avait beaucoup d'affection pour le chanteur « M. » Par ailleurs j'avais très envie d'illustrer l’Égypte. Andrée Chedid et les Chedid étant une famille égyptienne, il me semblait très intéressant de mettre en avant cette femme auteure et poétesse qu'est Andrée Chedid. Cela permettait d'emmener Lina dans des endroits où elle pouvait jouer la comédie et porter un message. 


A.J.: Le livret qui accompagne l'album est particulièrement soigné. Qu'aviez-vous envie de présenter ? 

E.Z. : Quand on offre quelque chose à quelqu'un on essaye de le soigner. C'est important d'avoir de beaux livrets et que les gens aient envie d'avoir l'objet. On s'est inspiré d'anciens tableaux orientaux pour illustrer chaque chanteur. Chacun est venu avec des éléments de son histoire culturelle. Certains avec des tatouages de henné, d'autres avec des bijoux. Pour moi c'est important de faire des albums aboutis jusqu'à l'image. 


A.J.: Une majorité de femmes participent à cet album. Trois hommes pourtant parmi eux. Comment avez-vous convaincu Enrico Macias de rejoindre votre projet et racontez nous comment s'est passé l'enregistrement à deux voix? 

E.Z. : On s'était rencontré lors de l'émission de Nagui, Tarata, pour chanter « Adieu mon pays ». Je n'ai pas eu besoin de le convaincre, il a été séduit par la démarche artistique autour du mélange et de la diversité. Il était très heureux que j'ai envie de reprendre cette chanson qui est la chanson qui l'a révélé au public et est cruellement d'actualité. Quand je lui ai proposé il m'a demandé « je viens chanter quand ? ». L'enregistrement s'est fait dans la bienveillance et le partage. C'est un maître d'école !


A.J.: Quelque part vous avez dit « Chanter la Méditerranée, c’est chanter cette richesse-là. C’est chanter contre ceux qui nous séparent », cela semble prémonitoire face à la campagne électorale. 

E.Z. : Oui bien sûr, face aux attentats, le climat s'est durci. Je suis française, née en France d'origines diverses. J'ai surtout grandi avec des gens qui n'étaient pas de la même religion que moi, eux-mêmes d'origines diverses. La richesse et l'ouverture d'esprit que j'ai, font partie de mon éducation. Je trouve terrible qu'aujourd'hui il y ait un repli identitaire et communautaire. Cela fait peur. 


« La femme méditerranéenne est une femme forte, digne et battante »

A.J.: Votre Méditerranée où les femmes n'ont pas toujours eu la vie facile baigne dans une douce nostalgie. Comment l'espérez-vous demain ? 

E.Z. : Je la voudrais comme il y a longtemps, quand les femmes avaient des droits. C'est assez paradoxal, la femme méditerranéenne est une femme forte, digne et plutôt battante. Pourtant aujourd'hui dans certains pays elles n'ont aucun droit et ne sont pas prises en considération. J'espère que cela changera pour que les femmes aient le droit d'être. 


A.J.: Vous chantez “Avinu Malkeinu”. Que représente cette chanson pour vous ? 

E.Z. : Avant tout je suis complètement fan de Barbara Streisand, qui a popularisé cette prière en la chantant. Pour moi c'était un grand honneur d’interpréter cette chanson. Ensuite c'est surtout une prière et des mots que j'ai toujours entendus et qui font partie de mon histoire. Chanter en hébreu, pour moi, me semblait naturel. 


A.J.: Quelle est la chanson préférée dans l'album de votre fille Ava ?

E.Z. : (Dans un grand éclat de rire) C'est Mustapha, elle adore. Elle la chante dans tous les sens, probablement parce que c'est joyeux. Elle prononce les paroles en phonétique. C'est très rigolo, c'est une chanson qui la fait danser et elle adore !

Powered by Edreams Factory