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19 Octobre 2017 | 29, Tishri 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

21 octobre 2017 - Chabbat Noah' : 18h34 - 19h35

Rubrique Culture/Télé

Ariel Toledano : «La santé est un facteur qui amène à mieux appréhender un personnage »

(DR)

Après « Médecine du Talmud » et « Médecine et Kabbale », Ariel Toledano, médecin vasculaire, continue, dans son dernier livre Médecine et Bible* son exploration du judaïsme d’un point de vue médical, dans lequel il dresse notamment des portraits inédits de personnages bibliques.

Actualité Juive: Votre troisième livre consacré à la Médecine et au Judaïsme confirme votre passion pour le sujet…

Ariel Toledano : En effet. Je poursuis ici ma volonté d’expliquer que l’on trouve dans le Talmud des informations médicales essentielles. Ainsi découvre-t-on dans la Bible ainsi que dans différents traités talmudiques des textes qui évoquent la notion de contagiosité alors qu’en médecine, cette notion n’est apparue qu’au 19e siècle. Dans ce dernier livre, je souhaitais aussi appréhender le Texte d’une autre façon en dressant, d’une certaine manière, des portraits médicaux des personnages bibliques. 


A.J.: Avez-vous le sentiment d’en avoir appris davantage sur la personnalité des grands personnages bibliques après avoir établi leur «bulletin de santé » ? 

A.T. : La santé est évidemment un facteur important qui amène à mieux appréhender un personnage. Un texte du Talmud présente d’ailleurs les trois patriarches à travers leur lien à la santé. C’est au sujet d’Abraham qu’apparaît la première occurrence du mot Zaken, qui signifie vieux. Abraham ressemblait en effet tellement à son fils que les gens les confondaient. Il ne supportait plus cette absence de différence entre les générations et le texte du Talmud explique qu’il a alors prié Dieu pour que des signes de la vieillesse apparaissent. 

Isaac considérait quant à lui que les souffrances endurées sur cette terre avaient un effet rédempteur. Il est allé jusqu’à demander à Dieu d’avoir, outre les marques de la vieillesse, des marques de la souffrance physique. Il devint alors le premier personnage de la Bible à souffrir d’un handicap, celui du trouble visuel, qui l’empêcha d’ailleurs de distinguer entre ses deux enfants. 

Quant à Jacob, il est le premier personnage à présenter une affection mortelle. Avant lui, on mourait en éternuant. Jacob lui ne voulait pas mourir dans une forme de compulsion brutale qui l’aurait empêché de déterminer sa succession.  Il demanda alors à Dieu d’avoir une maladie, une sorte d’affaiblissement généralisée selon le Talmud. 


A.J.: Qu’est-ce que vos recherches sur la Bible vous apportent dans votre pratique de la médecine ? 

A.T. : Le renforcement de la notion d’espérance. Je n’envisage pas le médecin autrement que quelqu’un qui veut transmettre une forme d’espérance à ses patients. Le fonctionnement humain ne peut toujours être expliqué par le pragmatisme et la rationalité. Cette notion d’espérance est très présente dans les écrits de la Bible. 


*Tous publiés aux éditions In Press.

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