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23 Juin 2017 | 29, Sivan 5777 | Mise à jour le 22/06/2017 à 11h59

24 juin 2017 - Chabbat Kora'h : 21h40 - 23h05

Rubrique Judaïsme

Parachath Emor : Le Bien qui conduit au Mal

C’est dans notre paracha que la Thora nous demande de compter les jours qui séparent Pessa’h de Chavouoth (1). Mais la Tradition donne aussi à ce compte une dimension morale : compter les jours signifie aussi se préparer à recevoir la Thora, une préparation fondée sur l’amélioration de nos traits de caractère. Toutefois, tendre vers la perfection peut nous faire prendre conscience que derrière le Bien se cache parfois une forme de Mal très insidieuse.

Améliorer les traits de sa personnalité consiste à prendre deux voies : dans un premier temps, il faut éradiquer tous les traits négatifs de notre nature. Puis, dans un second temps, chercher à acquérir de bons traits de caractère. Et nos Maîtres de préciser que l’homme n’a été créé que pour cet objectif. Il est donc déterminant de comprendre comment il se construit. Cependant, il est facile de se méprendre sur le but réel que chacun doit atteindre.


Un bilan moral


Avant tout, il faut rappeler l’obligation qui s’impose à chacun de faire ce que la Tradition appelle  un « ’Hechbone néfech », un bilan moral quotidien de notre vie. Il consistera à chercher (entre autres) nos points faibles pour les éliminer ou tout au moins réduire leur impact sur notre personne. Puis, à la suite de cela, on doit s’employer à acquérir de bons traits de caractère. Ainsi, par exemple, un individu, de nature excessivement rigoureuse, cherchera à aider son prochain, à sourire plus souvent, à saluer avant qu’on le salue, en bref, un ensemble d’actions qui l’aideront à modifier sa dimension psychologique sévère. Mais ce mouvement d’amélioration peut parfois être mal orienté ou mal compris. Prenons l’exemple d’un homme animé « naturellement » de bons sentiments. Cet homme se distingue par sa générosité : il est serviable, prêt à aider n’importe qui et ne se met jamais en colère. Son entourage dira qu’il est bon ! Il ne cherchera donc jamais à travailler cet aspect de sa personnalité ! Nos Maîtres diront alors de lui qu’il aura pris un mauvais chemin. Tout simplement parce que sa bonté ne sera pas le fruit d’un travail mais l’expression de sa nature. Il aura certes, fait du Bien à son prochain non parce que D.ieu le lui a demandé mais parce qu’il est né comme cela ! Très finement, cette forme de Bien est l’expression du Mal parce que l’homme ici, n’aura cherché que la satisfaction de son Moi et pas la volonté de D.ieu. Dans le cas de cet homme, une bonté authentique consistera à faire du Bien au-delà de ses capacités naturelles. Il aura alors montré qu’il agit pour D.ieu et non pour satisfaire un penchant naturel ! 


Etre ou Paraître ?


Une autre erreur peut se produire, elle aussi très fréquente, dans l’amélioration de nos traits de caractère. Un homme cherche à corriger ses traits de caractère défectueux. Il s’y emploie mais son but n’est pas la soumission à l’ordre divin (de changer) mais la recherche d’une perfection personnelle pour que l’on voie qu’il a changé ou pour qu’il se sente fier de son évolution. Là aussi, nous retombons dans le même piège. Cet homme n’est motivé que par son Moi. Il est plus préoccupé par le « paraître » que par « l’être » ! Et quand la racine d’une démarche quelconque est entachée  du moindre intérêt, il n’est pas sûr d’atteindre la Vérité. 


Note

  1. Chap. 23, verset 15
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