Default profile photo

22 Octobre 2017 | 2, Heshvan 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

Rubrique Judaïsme

Que faire lorsque Lag Baomer tombe le samedi soir ?

(Flash90.)

La décision de reporter le congé de Lag Baomer du dimanche au lundi, pour éviter la profanation du shabbat, a été rejetée par les ultra-orthodoxes.

Un problème se pose lorsque la fête de Lag Baomer tombe un dimanche et commence  donc le samedi soir à la tombée de la nuit. Comment éviter une profanation du shabbat lors des préparatifs de cette fête, qui se caractérise notamment par l'allumage de feux de camps dans tout le pays et par la venue de centaines de milliers de fidèles à Méron, sur la tombe de Rabbi Shimon Bar Yokhaï ?

Pour les autres fêtes d'introduction récente, comme Yom Haatzmaout, les pouvoirs publics ont décidé d’avancer ou de repousser les festivités lorsque c’est nécessaire afin d'éviter une profanation massive du shabbat. Des tentatives ont été faites pour appliquer les mêmes règles à la célébration de Lag Baomer. Le ministre de l'Education a annoncé, voilà quelques semaines, à la demande du grand rabbinat d'Israël, le report de la journée de congé de Lag Baomer du dimanche 14 mai au lundi 15 mai. Cette décision a été maintenue malgré les protestations des enseignants et des parents d'élèves. 

Les seuls qui semblent indifférents à la profanation du shabbat et qui ont maintenu les festivités de Lag Baomer au samedi soir sont les ultra-orthodoxes, et plus particulièrement les harédim ashkénazes. En effet le rabbin Obadia Yossef avait pris position voilà quelques années en faveur d'un report de Lag Baomer, et les décisionnaires qui se réclament de lui se gardent bien de le désavouer. 

Les ultra-orthodoxes qui prônent le maintien de Lag Baomer le samedi soir affirment  que l'on ne peut pas déplacer ainsi une solennité religieuse et qu'un changement de date aurait des répercussions indésirables sur la période de deuil qui accompagne une partie de l'Omer. Il faut ajouter à ces explications les rivalités existant entre les différents courants hassidiques dans l'ordre d'allumage des feux à Méron : ceux qui accepteraient de repousser la fête de 24 heures verraient leur place prise par des concurrents… 

C'est pourquoi les grandes festivités de Méron, qui attirent des foules considérables et qui sont organisés par les Harédim, se dérouleront le samedi soir sans tenir compte de la profanation du shabbat. Les ultra-orthodoxes ont simplement accepté que l'allumage des feux, prévu à l'origine pour minuit, soit reporté à 1 h 15 du matin.

De nombreux chroniqueurs tournent en dérision l'obstination des ultra-orthodoxes à empêcher la profanation du shabbat à Tel-Aviv (par l'ouverture de certaines épiceries) alors qu'ils provoquent délibérément une désacralisation du shabbat pour tenir les festivités de Lag Baomer à la date fixée par la tradition. 

Le grand rabbin de la police, Rami Berakhiahou, a publié récemment une décision autorisant la profanation du shabbat par les forces de l'ordre afin de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité publique à Méron le samedi soir 13 mai. Le député Israël Eichler, de Yahadout Hatora, a même tourné en dérision les réticences exprimées par le rabbin Berakhiahou, en faisant remarquer que « la police profane de toute façon le shabbat ».

La situation qui s'est créée par suite de ces divergences n'est pas dépourvue de dangers. En effet, le report de la journée de congé scolaire du dimanche au lundi va empêcher les cars de ramassage scolaire de servir aux transport des pèlerins se rendant à Méron créant ainsi des goulots d'étranglement et des risques supplémentaires pour les foules qui souhaitent se rendre sur place ou en repartir. On estime que 30 % des autobus nécessaires au transport des fidèles, soit environ 600 véhicules, feront défaut.

Powered by Edreams Factory