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23 Juin 2017 | 29, Sivan 5777 | Mise à jour le 22/06/2017 à 11h59

24 juin 2017 - Chabbat Kora'h : 21h40 - 23h05

Rubrique Monde juif

L’avenir des archives juives

Le rabbin Andrew Baker (DR)

Une délégation est partie en Egypte pour négocier le sort des archives juives saisies l’année dernière par les autorités du pays.

Une délégation de juifs d’origine égyptienne accompagnée d’un représentant de l’American Jewish Committee (AJC), le rabbin Andrew Baker, s’est rendue au Caire pour s’entretenir avec des représentants du Ministère de la Culture local du sort des archives juives. En effet, l’an dernier, sans annonce ou discussion préalables, des officiels ont saisi tous les registres communautaires où étaient inscrits, depuis le milieu du 19e siècle, les naissances, mariages et décès des juifs du Caire et d’Alexandrie, registres qui se trouvaient dans la principale synagogue des deux villes.

« Pour de nombreux juifs égyptiens, ce sont les seuls registres officiels qui, dans d’autres circonstances seraient de nature civile, a expliqué le rabbin Baker au site du journal britannique Jewish Chronicle. Et il existe des cas où ils sont très importants pour prouver l’identité juive d’une personne, pour un mariage ou un enterrement ». En fait, comme le rappelle l’association « Nebe Daniel » (qui regroupe des juifs venant d’Egypte), cela fait plus de douze ans que les juifs égyptiens tentent d’obtenir du gouvernement du Caire la permission de recopier le contenu de ces registres.

Au début, précise l’un des responsables de l’organisation, Yves Fedida, le gouvernement avait refusé en disant que les juifs s’en serviraient pour demander des réparations monétaires. Ce qui ne tient pas la route puisqu’il n’est fait nulle mention des droits de propriétés sur ces documents. Puis, suite au « printemps arabe », quand les Frères Musulmans » ont été portés au pouvoir, « il n’ y avait aucun espoir de persuader qui que ce soit », dit le même.


« Une véritable injustice »

Avec l’arrivée du président al Sissi à la tête du pays, certains ont cru que les choses allaient s’arranger mais, pour le moment, il n’y a eu aucun progrès. Certes, comme le note l’envoyé de l’AJC, le fait que les documents se trouvent, maintenant, dans les « Archives Nationales » assurent leur conservation (ce qui n’était pas évident lorsqu’ils étaient dans des synagogues quasi abandonnées).  Mais, selon le même, ce transfert a suscité un nouveau problème. 

« Ces registres ne sont pas uniquement rédigés en arabe, précise-t-il, mais aussi en français, ladino, hébreu et même parfois en écriture « Rachi ». De ce fait, ils ne peuvent pas être lus facilement par les fonctionnaires des Archives Nationales lorsque quelqu’un fait une demande d’informations concernant sa famille ».

Il semble que des plans existent qui transformeraient l’ancien synagogue Héliopolis du Caire en musée national juif où, espèrent certains, les archives pourraient être entreposées et disponibles à la consultation. En attendant, « c’est une véritable injustice que nous n’ayons pas la permission d’accéder à ces registres, conclut Yves Fedida. Nous avons le devoir vis-à-vis de nos parents et de nos grands parents de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour persuader le gouvernement égyptien de prendre la bonne décision ».

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