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20 Septembre 2017 | 29, Elul 5777 | Mise à jour le 19/09/2017 à 18h07

Rubrique Communauté

Daniel Benhaïm : « Trop de fausses informations circulent sur l’Alyah »

(DR)

Daniel Benhaïm répond point par point aux critiques dont l’Agence juive fait l’objet ces dernières semaines.

Pourquoi l’Agence juive a mauvaise presse   

« On a le droit de critiquer l’Agence juive et d’estimer qu’elle n’en fait pas assez mais on n’a pas le droit de diffuser de fausses informations comme un certain nombre d’acteurs communautaires qui veulent avoir un rôle à jouer dans l’intégration des juifs de France le font actuellement. Pour justifier leur action, qui est peut-être utile et nécessaire, ils noircissent le tableau à leur guise au nom de l’arrivée massive des juifs de France ». 


Pourquoi l’Alyah de France n’est pas en baisse

« Chaque décennie dans l’histoire de l’Alyah a son chiffre moyen de départs. Il était de 1.000 par an dans les années 90 et de 1.800 dans les années 2000. En 2013, ces chiffres ont augmenté de façon rapide et spectaculaire : entre 2014 et 2015, 15.000 juifs français sont montés en Israël. En 2016, ils étaient près de 5.000. En mai 2017, nous sommes à -17% de départs, comparé à la même période en 2016, mais cela reste toujours largement supérieur à la moyenne de 2012. On ne peut pas faire dire aux chiffres ce qu’on veut. Certains laissent penser que cette « baisse » s’explique par de mauvaises conditions d’intégration. Je pense, au contraire, qu’on a assisté à une Alyah régulière qui a augmenté de façon spectaculaire à la suite d’événements dramatiques qui ont particulièrement touché les juifs français et qu’on revient depuis 2016 à une normalisation à un taux élevé ».


Pourquoi il faut voir plus loin que les chiffres 

« Il faut isoler les chiffres de l’Alyah de la volonté d’Alyah. Les juifs sont partis massivement quasi-instantanément après des événements dramatiques mais cela ne veut pas dire que la secousse de ces événements a disparu. La question de l’Alyah reste centrale dans les esprits mais le passage à l’acte est plus étalé dans le temps. Cela ne veut pas dire qu’en 2012, les gens sont partis mal préparés car précipitamment : ils ont juste mis une dose d’aventure plus importante que ne le font les candidats de maintenant ». 


Pourquoi les olim ne sont pas « livrés à eux-mêmes »

« L’Agence juive est un service public qui commence en France et qui se poursuit en Israël avec le ministère de l’Alyah et de l’intégration. Mais l’Agence juive ne disparaît pas ! Elle favorise depuis la France la meilleure prise en charge possible par un renforcement de ses dispositifs d’information et en particulier, ses salons. Nous faisons venir tous les deux mois les représentants de toutes les administrations israéliennes. Mieux, nous avons des coordinateurs d’intégration dans quinze municipalités israéliennes qui viennent très régulièrement en France pour identifier les futurs olim qui arriveront dans leur ville. En avril 2017, des représentants israéliens du ministère de la Santé et du Conseil de l’Ordre sont même venus en France prendre les demandes d’équivalence de diplômes d’un certain nombre de médecins français futurs olim pour qu’à leur arrivée, ils puissent travailler rapidement. Tout n’est pas encore parfait, mais tout est fait pour que la coordination France-Israël soit la plus fluide possible ». 


Pourquoi il n’y a pas « 30% de retours » en France 

« Tous les moyens ne sont pas bons pour justifier ses causes et avec tout le respect que je dois aux acteurs communautaires qui ont avancé le chiffre d’un tiers de retours en France, ce chiffre-là est faux. Où seraient-ils ? Où seraient ces personnes qui reviendraient en France ? On devrait les croiser dans les synagogues, les écoles juives et les commerces casher. Ces structures ont vu des départs massifs et devraient être les premières à observer les retours, mais ce n’est pas le cas. Le chiffre qui me paraît le plus proche de la réalité est celui établi en février 2017 par l’Institut National des Statistiques israélien. Il a vérifié dans ses registres combien parmi les olim de France qui ont reçu la nationalité israélienne dans le cadre d’une Alyah entre 1990 et 2014 n’avaient pas établi leur « centre de vie » en Israël. Sur 33.728 olim, 3.345 ne sont pas installés en Israël aujourd’hui. Cette proportion de 10% me paraît raisonnable et du reste, elle n’est pas forcément synonyme d’échec. Ces personnes sont peut-être installées à Londres ou ailleurs après quelques années en Israël ».

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