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24 Août 2017 | 2, Elul 5777 | Mise à jour le 28/07/2017 à 13h41

26 août 2017 - Chabbat Choftim : 20h28 - 21h35

Rubrique France/Politique

Jean-Christophe Cambadélis : « La communauté juive du 19e me semble plus apaisée »

"Le problème n’est pas qu’il y ait ou pas une majorité présidentielle, mais une majorité plurielle qui ait la possibilité de discuter. " (JCC)

Le premier secrétaire du Parti socialiste face au secrétaire d’Etat au numérique : c’est l’un des duels attendus du premier tour des législatives. Dans la 16e circonscription de Paris (19e arrondissement) où la France insoumise pourrait jouer les trouble-fêtes, Jean-Christophe Cambadélis défend son bilan et les vertus de l’expérience. Rencontre à deux pas des Buttes-Chaumont.

Actualité Juive: Vos adversaires, notamment le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi (La République en Marche !), font valoir l’argument du renouvellement face à votre candidature. Résisterez-vous à la vague de fond macroniste qui s’annonce ? 

Jean-Christophe Cambadélis : Le renouvellement ne peut pas être à géométrie variable. Il ne peut pas y avoir une demande de renouvellement dans le XIXe arrondissement, et pas au gouvernement. Edouard Philippe a nommé deux septuagénaires, Gérard Collomb et Jean-Yves Le Drian. François Bayrou a plus de 65 ans. On ne peut pas faire partie d’un gouvernement s’appuyant sur l’expérience, et demander dans la circonscription le renouveau. 

Le problème n’est pas qu’il y ait ou pas une majorité présidentielle, mais une majorité plurielle qui ait la possibilité de discuter. En l’absence de députés de gauche et de droite, l’Assemblée nationale deviendra une chambre d’enregistrement au service de l’exécutif. 


A.J.: Vous avez été élu pour la première fois en 1988 dans cette circonscription qui compte l’une des plus importantes communautés juives franciliennes. Quel regard portez-vous sur les évolutions de celle-ci en trente ans ? 

J.-C.C. : C’est une communauté populaire, ancrée dans le XIXe arrondissement, et qui participe à la vie citoyenne. Elle désire vivre en bonne intelligence, tout en faisant en sorte que l’on respecte ses traditions et son histoire. Elle me semble plus apaisée qu’elle ne l’a été, peut-être du fait des mesures de sécurité que nous avons pu prendre, même si elle reste attentive et vigilante. 


A.J.: Vous avez visité à la mi-mai l’école juive Loubavitch Beth Haya Mouchka, rue Petit. Que répondez-vous aux parents inquiets pour la sécurité  de leurs enfants ? 

J.-C.C. : Je crois que beaucoup a été fait dans ce domaine, une entreprise qu’il faut désormais poursuivre. Nous espérons que les forces de police que nous avons demandées au niveau de l’arrondissement soient affectées en juin-juillet. L’enjeu au fond est celui du nombre de fonctionnaires. Quand on propose, comme le Premier ministre Edouard Philippe, de réduire de 125 000 le nombre de fonctionnaires, on se retrouve dans une situation difficile quand il s’agit de sécurité. 


« Ma préoccupation principale demeure l’augmentation des forces de police »


A.J.: On a vu se mettre en place des initiatives privées, comme les « parents protecteurs » en parallèle de l’évolution de l’opération Sentinelle, dont les troupes sont désormais plus mobiles. Cela vous semble-t-il satisfaisant au regard du degré de la menace ? 

J.-C.C.: Ce n’est pas satisfaisant, mais c’est compréhensible. On ne peut pas souhaiter que les parents se substituent aux forces de l’ordre. Ma préoccupation principale demeure l’augmentation des forces de police pour qu’il y ait un cadre légal de protection de ces écoles. Cela n’empêche pas de réfléchir à la complémentarité des éléments de sécurité, comme cela peut se faire dans les cinémas ou les supermarchés. 


A.J.: La demande de sécurité est-elle plus forte au sein de la population juive ? 

J.-C.C. : Oui, logiquement : c’est elle qui a connu le plus d’exactions à son égard. Mais la demande de sécurité est globale.


A.J.: La filière dite « des Buttes-Chaumont » a beaucoup fait parler d’elle, notamment à la suite des attentats de janvier 2015. Comment luttez-vous localement contre le phénomène djihadiste ? J.-C.C. : Ce n’est pas le député ou le maire qui lutte contre ces filières mais nous avons demandé la mise en place d’une police de proximité qui permette de suivre l’itinéraire de certains individus suspects. Nous essayons également, avec le maire, François Dagnaud (PS), de favoriser les échanges entre les communautés et ainsi l’apaisement. Cela doit nous permettre d’isoler, si besoin est, des individus dangereux. 

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