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24 Août 2017 | 2, Elul 5777 | Mise à jour le 28/07/2017 à 13h41

26 août 2017 - Chabbat Choftim : 20h28 - 21h35

Rubrique France/Politique

Comment Meyer Habib veut refaire son retard

Meyer Habib tente de sauver son siège face à Florence Drory. Ce sont les électeurs d'Israël qui vont départager les deux candidats. Mais la mobilisation est difficile à concrétiser.

Un député sortant qui se bat pour sa survie politique. Une candidate qui surfe sur la vague victorieuse du parti du président Macron. Le combat est tendu. Depuis le vote du 4 juin des Français de l'étranger et le premier tour une semaine plus tard en métropole, le député UDI-Les Républicains jette toutes ses forces dans la bataille. Il sait que pour contrer sa rivale, il doit faire le plein de voix dans le dernier bastion de la droite : en Israël. C'est seulement dans les bureaux d'Israël et de Jérusalem qu'il a écrasé la candidate de La République En Marche. C'est seulement là qu'il a encore une chance de gagner. S'il parvient à mobiliser l'électorat.

Au premier tour, le taux d'abstention a dépassé les 90%. Une fois écartée la menace d'une victoire du FN à la présidentielle, les Franco-Israéliens ne voyaient plus dans les législatives qu'un « troisième tour » sans véritable enjeu. Et la désintégration de la droite face à Emmanuel Macron a achevé de démotiver des électeurs, qui ne croyaient même plus à l'intérêt d'une force d'opposition viable ou crédible au parlement. Du pain bénit pour Florence Drory, qui a compensé le score « africain » réalisé au premier tour par Meyer Habib en allant chercher les voix des autres bureaux de la 8e circonscription, qui comme presque toutes celles du département des Français de l'étranger, ont donné l'avantage aux candidats du nouveau parti du président. 


Dysfonctionnements dans le décompte des bulletins en Israël

Alors comment faire ? Meyer Habib le répète comme un mantra : « Mobilisez-vous ! ». Combien de voix lui faut-il pour renverser la vapeur ? Quel taux de participation plancher ? Il refuse de calculer. En Israël, le député sortant accumule les rencontres, les promesses de soutien. Il affirme « assumer totalement » le soutien de Binyamin Netanyahou, de Nir Barkat, le maire de Jérusalem et celui de personnalités du monde de la Torah en Israël. Il assure recevoir aussi des messages d'encouragement des autres pays de la circonscription. Mais sans Israël, ce sera peine perdue. Alors il s'adresse aussi aux Français juifs : « Vous avez de la famille en Israël ? Dites leur absolument d'aller voter ! ». Pas besoin de dire pour qui, Meyer Habib sait que l'électorat français en Israël reste majoritairement de droite.

Un constat que l'on fait aussi dans le camp de Florence Drory. Pour les supporters de la candidate de LREM en Israël, on sait que la partie est perdue et que le plein des voix se fera ailleurs. L'ancienne socialiste qui a rallié le camp d'Emmanuel Macron concentre donc ses forces en Italie, en Grèce, partout où la vague « chamboule-tout » a donné l'avantage aux outsiders et aux petits nouveaux. Ce qui ne dispense pas les deux concurrents de s'accuser mutuellement d'instrumentaliser la politique israélienne et le conflit avec les Palestiniens. « La référente en Italie de Mme Drory soutient le BDS », accuse Meyer Habib. « Mensonges, calomnies ! répond Marco Sarrabia, du QG électoral israélien de la candidate d'En Marche, c'est une mauvaise traduction faite par des amateurs d'un post vieux de trois ans ! ». 

Meyer Habib, qui garde en travers de la gorge des dysfonctionnements dans le décompte des bulletins en Israël qui lui auraient coûté 500 voix, a intenté un recours devant le Conseil d'Etat. Une mésaventure qui serait également arrivée à la candidate sans étiquette Daphna Poznanski. Le député sortant veut croire à ses chances de victoire. Il pense même déjà à l'après et à la rencontre qu'il veut organiser entre le président Macron et Binyamin Netanyahou le 14 juillet à Nice pour la commémoration de l'attentat de 2016.

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