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26 Juin 2017 | 2, Tammuz 5777 | Mise à jour le 26/06/2017 à 15h38

1er juillet 2017 - Chabbat 'Houkat : 21h39 - 23h03

Rubrique France/Politique

Macron le dynamiteur

(Wikipedia)

La République en Marche ! devrait obtenir à elle seule la majorité absolue à l'issue du second tour, le 18 juin.

Une classe politique dynamitée, pour partie, façon puzzle. Jean-Christophe Cambadélis (16e circonscription) et Cécile Duflot (6e) à Paris,  Elisabeth Guigou en Seine-Saint-Denis, Benoît Hamon dans les Yvelines, Rama Yade dans le Loir-et-Cher, etc. La liste des ténors, souvent socialistes, pour qui le 1e tour des législatives aurait fait figure de terminus sonne l'acte 2 du séisme provoqué par la foudre Macron. Après la présidentielle, le président « Jupiter » est en passe de doubler la mise, avec l'une des majorités les plus puissantes acquises par un chef de l'Etat sous la Ve République. 32,32 % des suffrages, 415 à 455 sièges prévisibles (selon une projection Ipsos-Sopra Steria) avec l'allié Modem, dont l'appui sera même probablement dispensable à la République en Marche !  (LREM) pour obtenir la majorité absolue.

Dimanche, les Français ont cherché à donner au président et au gouvernement de Édouard Philippe les moyens de gouverner. Les législatives demeurent un scrutin de confirmation de la présidentielle, un phénomène renforcé par l'inversion du calendrier électoral en 2002. C'est une chance pour Emmanuel Macron, impitoyable fossoyeur de partis adverses à bout de souffle. Cela deviendra très vite la mesure de son défi. Contrôlant l'exécutif et l'Assemblée nationale (en attendant les sénatoriales en septembre), profitant de la clémence - de toute évidence passagère - des médias, il dispose des cartes pour réformer le pays et replacer la France sur la carte des pays qui croient en leur avenir. 

Il le sait, son bilan sera scruté de toute part. Pas forcément par le Parti socialiste qui cauchemardait en repensant à la Berezina des législatives de 1993 et qui s'est réveillé lundi avec, tout au plus, 25 circonscriptions gagnables. Le premier secrétaire Cambadélis out, Manuel Valls en ballotage défavorable dans l'Essonne, Hamon vaincu mais qui a déjà la tête à son nouveau mouvement… Rue de Solférino, même Cassandre pèche par optimisme. Le Fn non plus n'a pas de quoi pavoiser, pouvant espérer au mieux 5 députés, dont probablement Marine Le Pen. Pour  l’autoproclamé « premier parti de France », cela ne suffira même pas à former un groupe.

Restent les Républicains et leurs 70 à 110 sièges en vue. Les troupes de François Baroin n'ont pas fini de ressasser l'incroyable scénario qui les aura vus, en neuf mois, passer du rang de futur centre politique de la France de 2017 à un mouvement d'opposition perclus de divisions et au projet flou. 

En cette fin de printemps, un nouveau paysage politique se dessine, sous le regard des 51 %  d’abstentionnistes. Un signal parmi d'autres d'un système en quête de renouvellement. 

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