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26 Juin 2017 | 2, Tammuz 5777 | Mise à jour le 26/06/2017 à 15h38

1er juillet 2017 - Chabbat 'Houkat : 21h39 - 23h03

Rubrique France/Politique

Sarah Halimi : un déni d’antisémitisme

(DR)

«  Elle avait 65 ans, elle était directrice de crèche, juive. Sarah est morte le 4 Avril dernier à Belleville, battue à mort et défenestrée par un jeune musulman radicalisé. A l’indécence de ce meurtre s’ajoute l’indifférence ». Ces mots sont ceux d’une femme politique qui s’émeut de l’assassinat de Sarah Halimi dans la nuit du 3 au 4 Avril dernier. Cette femme politique n’est pas française, elle est belge et eurodéputée, elle s’appelle Frédérique Ries. Force est de constater que depuis cet assassinat précédé d’insultes antisémites quotidiennes, de torture puis de défénestration, la classe politique française a été silencieuse jusqu’au plus hautes autorités de l’Etat de la mandature précédente ou actuelle. Certes très rapidement le Procureur de Paris, François Molins a reçu des représentants de la communauté juive pour faire un point d’étape. Mais jusque là n’est pas reconnu la circonstance aggravante d’antisémitisme. Cette aberration et ce silence ont conduit 17 intellectuels à signer une tribune dans le Figaro pour dénoncer ce déni d’antisémitisme. Une tribune passée quasi inaperçue dans un timing électoral implacable.

 Il y a eu une publication sur les réseaux sociaux il  y a quelques jours qui a fait avancer la prise de conscience de la communauté nationale. Noémie Halioua, journaliste à Actualité Juive, avec des mots justes et émouvants s’est indignée du silence pesant après s’être entretenue avec le frère de Sarah Halimi. Cela l’a bouleversée. Puis les avocats de la famille de la victime ont donné une conférence de presse dont on aurait pu penser que l’onde de choc, après la révélation des circonstances, aurait été grandissante. Rien ou presque rien puisque l’on vous dit que c’est un fou ou un déséquilibré. Comme le dit Michel Onfray : "Si aujourd'hui on veut massacrer des gens, il suffit de plaider la folie."

Alors que va t-il se passer lorsque l’on sera sorti de cette longue période électorale dimanche prochain? Nous entrerons alors dans l’été et sa torpeur. Il nous faut hurler pour que le nom de Sarah Halimi ne soit pas relégué au rang des faits divers. On attend de nos responsables qu’ils organisent une, deux, des dizaines de marches blanches, qu’ils interpellent directement ceux qui peuvent agir sur le temps judiciaire qui ne doit jamais être une excuse. La mémoire de Sarah nous oblige et nous en sommes responsables.

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