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23 Juillet 2017 | 29, Tammuz 5777 | Mise à jour le 21/07/2017 à 12h14

29 juillet 2017 - Chabbat Devarim (Chabbat 'Hazon) : 21h16 - 22h31

Rubrique Judaïsme

Parachath Kora’h : La Mézouza au sein du peuple juif

Crédit : Flash90.

L’une des principales vertus de la Thora réside dans sa capacité à ne jamais ignorer les faiblesses de la nature humaine, tout en proposant une ouverture capable de les corriger. Cette semaine, le texte biblique nous rapporte une querelle déclenchée par Kora’h, un homme de la tribu de Lévi qui attaqua frontalement Moché et Aarone, afin de remettre en cause leur pouvoir. Mais dans le même temps, une partie de la paracha sera consacrée à la place éminente que les Cohanim occuperont au sein du Temple. Ces deux thèmes, bien qu’étant très éloignés l’un de l’autre, viendront harmonieusement se compléter.

Quand on décrypte le texte de cette paracha, sous l’autorité des commentateurs, on constate que la querelle de Kora’h a des origines nombreuses. L’une d’entre elles s’exprime au travers d’un Midrash qui rapporte que Kora’h demanda à Moché si une maison remplie de livres avait besoin d’une Mézouza (1) à la porte de cette maison. Moché répondit que la loi l’exigeait. Et c’est alors que Kora’h exprima sa contestation : pourquoi, quand toute la maison est sainte (par la présence de livres), faut-il rajouter un signe supplémentaire de sainteté ? C’est ridicule ! C’est donc la preuve que cette loi n’a pas de fondement divin, ajouta Kora’h !


Une touche personnelle

Quel le sens de cette remarque ? Un homme peut pratiquer le judaïsme sur un mode classique : ses parents lui ont enseigné la Tradition et l’école a fait de même en lui apprenant la technique de l’étude des textes de la Thora. Cette base est-elle suffisante pour être un bon Juif ? Oui, prétendait Kora’h. Tous les Juifs sont saints au même titre que la maison est sainte quand elle est remplie de livres ! Moché lui expliqua alors, que l’on ne peut se contenter d’une sainteté basique. Il faut rajouter une Mézouza, c'est-à-dire donner un plus à ce judaïsme. Il ne suffit pas d’être un Juif de la Tradition, par simple héritage, il faut exprimer le désir d’accomplir le judaïsme, d’ajouter une touche personnelle qui prouvera notre aspiration à aller au-delà d’une éducation peut-être trop machinale.


Un exemple

Quelle est la preuve de cette nécessité ? C’est le dernier chapitre de la parachath Kora’h, consacré à la place et la fonction des Cohanim au sein du peuple. Les Cohanim se définissent, qualitativement, par leur engagement total au service du Créateur. Ils sont, en quelque sorte, la Mézouza du peuple juif, un exemple qui doit inspirer chacun d’entre nous à ne pas se contenter d’un judaïsme de conformité. En filigrane, c’est la réponse à l’argument de Kora’h. Kora’h voulut imposer un judaïsme mécanique, presque accompli par la contrainte. Moché lui répondit qu’il fallait voir dans les Cohanim un modèle d’enthousiasme pour D.ieu. Plus encore, ce chapitre évoque les dons aux Cohanim présentés de la part du peuple. Or ces dons étaient apportés dans l’esprit selon lequel « Le meilleur est consacré à D.ieu » (2). Il en va de même pour nous aujourd’hui : la Mézouza ne doit pas seulement être fixée à l’entrée de nos maisons. Il faut aussi la fixer dans notre cœur : avoir en permanence ce désir enflammé de donner tout au Créateur béni soit-Il. 


Notes

(1)  La Mézouza est un parchemin sur lequel sont écrits 

par un scribe les deux premiers paragraphes du Chéma Israël. 

(2) Parachath Vaykra, chap. 3, verset 16

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