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23 Juillet 2017 | 29, Tammuz 5777 | Mise à jour le 21/07/2017 à 12h14

29 juillet 2017 - Chabbat Devarim (Chabbat 'Hazon) : 21h16 - 22h31

Rubrique Judaïsme

Parachath ’Houkath : Redonner la vie

(DR)

Quel est le plus grand ennemi de la foi demandent les Maîtres d’Israël ? C’est l’homme répondent-ils. Alors que la foi nous projette au-delà de la réalité immédiate et qu’elle révèle l’existence du Créateur, l’homme a la fâcheuse tendance à rationnaliser son quotidien, pire, à écarter tout ce qui pourrait contredire sa logique. A l’exemple de ce Juif, trop inspiré par l’esprit du Siècle des Lumières, qui affirma au Baal Chem Tov que l’ouverture de la mer, après la sortie d’Egypte, n’était pas un miracle : « Ce fut une grande tempête qui poussa les eaux pour laisser passer les enfants d’Israël ! ». Mais la réponse du Baal Chem Tov le laissa sans voix.

Effectivement, c’est ce qui se passa, lui dit le Tsaddik, mais le miracle c’est que cette tempête se produisit précisément au moment où les enfants d’Israël traversèrent la mer ! ». Il ressort de là que la foi n’est pas un élément acquis à jamais. Elle doit constamment être travaillée pour rester vive en nous. La parachath ’Houkath consacre tout son premier chapitre à la mitzva la plus irrationnelle du judaïsme : celle de la vache rousse. Ce commandement avait, pour raison d’être, la purification d’un individu qui avait eu un contact direct ou indirect avec un mort. Pour cela, il devait être aspergé de quelques gouttes provenant du mélange de cendres d’une vache rousse avec de l’eau.


Le plus sage des hommes

Il existe d’autres commandements totalement irrationnels comme l’interdit du mélange du lait et de la viande ou l’interdit de porter un vêtement fait de lin et de laine et d’autres encore. Mais celui de la vache rousse est singulier. Alors que les autres ont une logique interne avec des lois précises, la loi de la vache rousse ne possède aucune structure interne rationnelle : ainsi, elle rend impure celui qui s’occupe de la purification ! Au point que le roi Schlomo, le plus sage des hommes, ne pourra la comprendre. Comment expliquer cette particularité ?


Une mitzva modèle

Nous avons déjà esquissé une réponse au début de notre réflexion. Quand un Juif pratique une mitzva, il peut facilement glisser vers une dérive qui l’incitera à dépouiller cette mitzva de son caractère divin : par habitude ou en lui donnant une valeur intellectuelle et rationnelle. Pour éviter cet écueil, la Thora a donné une seule mitzva complètement inaccessible à l’intellect humain pour se rappeler que D.ieu se situe au-delà de tous les paramètres de la raison humaine et que, profondément, il en va de même pour toutes les mitzvoth. C’est là l’une des nombreuses facettes de la foi juive : qu’il s’agisse du respect des parents, du lavage des mains avant de consommer du pain ou de l’interdit de voler, nous avons l’obligation constante de dépasser le cadre rationnel de ces actions pour se rappeler qu’elles émanent de la volonté divine. Ajoutons ce dernier point : si la mitzva de la vache rousse confine à la foi parce qu’elle nous incite au dépassement de soi, il est possible d’y trouver, allusivement, une donnée identique. La mort dont il est question ici, peut être comprise sur un registre spirituel. Quand un Juif devient distant, froid ou indifférent au judaïsme, il est comme mort ! Une forme d’impureté imprègne son esprit et sa pratique des mitzvoth. Celui qui sera conscient de cette faille devra s’empresser de redonner vie et chaleur à ce Juif. Mais cet empressement ne sera pas chose facile car on touche là à l’essence du judaïsme : redonner la vie à une pratique morte ! Alors pour réussir, il faudra se dépasser, comme la foi que l’on doit chercher, au-delà de notre intellect, et à l’origine de tous nos actes.

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