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18 Août 2017 | 26, Av 5777 | Mise à jour le 28/07/2017 à 13h41

19 août 2017 - Chabbat Réé : 20h42 - 21h50

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Elections en Grande-Bretagne : les électeurs juifs dans l'expectative

Theresa May (Wikipedia)

Le résultat des élections et une nouvelle approche du terrorisme pourraient avoir de réelles conséquences pour la communauté juive de Grande-Bretagne.

Dimanche dernier, à quatre jours des élections générales en Grande Bretagne, le ton a changé en matière de lutte contre l’islamisme radical et le terrorisme. Suite aux actes de terreur qui ont frappé Londres, Theresa May, dans un discours musclé, a dénoncé « l’idéologie du mal de l’extrémisme islamiste » et a insisté : « Nous ne pouvons pas ni ne devons pas faire semblant que les choses peuvent continuer comme elles sont. Il y a, pour être franc, beaucoup trop de tolérance pour l’extrémisme dans notre pays ».

Cette fermeté qui, bien entendu, rencontre un écho plus que favorable dans la communauté juive, va-t-elle se traduire dans les actes ? A l’heure où nous écrivons, nous ne connaissons pas les résultats des élections de jeudi. Mais, si le parti conservateur (dont la victoire semblait assurée mais qui est en baisse dans les sondages suite à l’annonce d’éventuelles mesures économiques douloureuse), l’emportait, la réponse serait quasi sûrement positive. Ce qui donnerait raison à la communauté qui, selon les dernières estimations, vote pour ce parti à 77%. Parti qui s’est en outre engagé, via Theresa May, à protéger écoles et synagogues, défendre l’abattage rituel, lutter contre l’antisémitisme et soutenir Israël.

Mais, la désaffection vis-à-vis du Parti travailliste (qui, selon les mêmes estimations, ne remporte plus aujourd’hui que 13% du vote juif) s’explique surtout par deux facteurs : le refus par celui-ci (ou du moins par une bonne partie de ses dirigeants dont son leader Jeremy Corbyn) de réellement lutter contre l’antisémitisme dans ses rangs et une politique pro-palestinienne affirmée. Au grand dam, il faut quand même le dire, de certains politiciens travaillistes qui se sont publiquement élevés contre le chef de leur parti.

Quelques exemples pour illustrer le premier facteur. Lorsque le scandale de l’antisémitisme qui règne dans la section travailliste des étudiants d’Oxford éclate, scandale révélé par l’un d’entre eux, le parti réagit très mollement, rechignant à prendre des sanctions. Par ailleurs, des élus travaillistes ayant fait des déclarations ou des « tweets » antisémites sont très vite réintégrés dans leurs fonctions après avoir été un temps suspendus. Dans ce domaine, Jeremy Corbyn refuse d’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, de dire si l’ex-maire travailliste de Londres, Ken Livingstone qui a accusé les sionistes d’avoir travaillé avec les nazis, sera oui ou non expulsé du parti.


Doutes

Quant aux relations difficiles avec Israël, là encore, il faut se contenter de ne citer que quelques faits (alors qu’ils sont nombreux). Andrew  Murray, le chef de campagne désigné du parti, est le fondateur et l’ancien directeur de l’organisation « Stop the war ». Qui a écrit sur son site (dans un article supprimé depuis) qu’à Munich, les athlètes israéliens avaient été tués 

« accidentellement » par les Palestiniens ; et dont l’un des membres fondateurs a décrit le Hamas et le Hezbollah comme des groupes « résistants » qui sont une partie légitime de (notre) mouvement ».

Plus récemment, il y a de cela deux semaines, le Sunday Times a révélé que Jeremy Corbyn avait participé en 2014 à une cérémonie en Tunisie honorant la mémoire des assassins de Munich. Pas si étonnant que ça puisque le même a, par le passé, octroyé le qualificatif « d’amis » aux mêmes Hamas et Hezbollah. 

De telles positions laissent planer des doutes quant à la fermeté de la lutte anti-terroriste si Jeremy Corbyn se retrouve premier ministre, Jeremy Corbyn qui a d’ailleurs, dans un premier temps, rejeté une partie de la responsabilité du carnage de Manchester sur la politique étrangère de son pays. Comme le dit Jonathan Goldstein, qui sera probablement le prochain responsable du « Jewish Leadership Council » Outre-Manche : « Nous sommes confrontés à la possibilité d’avoir, pour la première fois, un Premier ministre qui est hostile d’une manière ou d’une autre à la communauté juive. Je pense que l’on peut dire que si cela arrive, nous serions une communauté en crise ».

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