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22 Octobre 2017 | 2, Heshvan 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Frédéric Encel : « Il n’y a pas de preuves » que le Qatar soutient le terrorisme

L’Arabie Saoudite qui stigmatise le Qatar, « c’est un peu le chameau qui se moque du bossu », ironise Frédéric Encel (DR).

Le géopolitologue était mardi matin l’invité d’Europe 1 pour réagir à l’isolement diplomatique du Qatar.

Arabie Saoudite, Egypte, Yémen, Bahreïn et Emirats Arabes Unis. Tous ont rompu diplomatiquement avec le Qatar depuis lundi au motif des activités terroristes de ce dernier. La monarchie a annoncé avoir été victime d’une attaque aux « fake news » : fin mai, des hackers auraient en effet publié sur le site internet de l'agence de presse QNA de faux propos attribués à l'émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, mettant le feu aux poudres. Depuis, des enquêteurs du FBI ont été envoyés à Doha pour déterminer l’origine de ce piratage. Aujourd’hui, la chaîne de télévision CNN qui se base sur des enquêteurs américains, révèle que des hackers russes seraient à l’origine de l’imbroglio diplomatique. Moscou a immédiatement démenti.

Sur les accusations de soutien du terrorisme par le Qatar, Frédéric Encel a réagi, mardi, au micro d’Europe 1 : « Il n’y a pas de preuves. En tout cas, je n’en ai pas formellement ». Cela dit, nombre de chancelleries, en Occident et dans les pays arabo-musulmans, considèrent que des grandes familles qataries sont extrêmement riches et très autonomes, financent des associations soi-disant de bienfaisance islamique, qui sont en réalité des groupes islamistes radicaux », précise-t-il toutefois. Pas de soutien d’Etat donc mais un appui personnel.

 


« C’est un peu le chameau qui se moque du bossu »

Le Qatar se défend en disant « que chacun peut disposer de ses fonds comme il en a envie ». Une posture qui « risque de ne plus tenir » selon le maître de conférences à Sciences Po. « Des familles ont soutenu directement Daesh », affirme le géopolitologue. « Bachar al Assad est détesté par les pétromonarchies, à la fois comme nationaliste et comme chiite ». Cela a donc poussé des familles ultraconservatrices, « au Qatar mais aussi en Arabie saoudite et dans le reste de la péninsule », à « directement financer ou laisser financer des groupes djihadistes ».

 L’Arabie Saoudite qui stigmatise le Qatar, « c’est un peu le chameau qui se moque du bossu », ironise Frédéric Encel. « On a affaire à des régimes qui sont de même nature mais qui sont localement rivaux. » « Le Qatar est dirigé par un régime ultraconservateur, de type wahhabite. Exactement comme celui qui prévaut à Riyad en Arabie saoudite. (...) Le wahhabisme soutient, depuis les années 70, des groupes radicaux, des prêcheurs de haine, dans nos banlieues mais aussi dans l'Afrique sahélienne, au Pakistan et une grande partie du monde musulman et non-musulman. C'est un véritable problème », explique-t-il.

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