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20 Août 2017 | 28, Av 5777 | Mise à jour le 28/07/2017 à 13h41

26 août 2017 - Chabbat Choftim : 20h28 - 21h35

Rubrique Moyen-Orient/Monde

« L'Iran ne doit pas devenir la prochaine Corée du Nord »

Le chef d'état-major israélien Gadi Eisenkot (Flash90)

A Herzliya, les experts de la sécurité israélienne ont désigné l'Iran comme la principale menace pour la région et Israël.

Quand le chef d'état-major de Tsahal a choisi de comparer les aspirations du régime chiite à celles du dictateur fou de Pyongyang, il savait que l'image attirerait l'attention. Deux jours plus tôt, Téhéran avait tiré une demi-douzaine de missiles contre des objectifs de Daech en Syrie, en représailles au double attentat revendiqué par le groupe Etat islamique, qui avait frappé la capitale iranienne au début du mois de juin. Israël avait d'ailleurs énervé les Iraniens en annonçant que la plupart des tirs avaient manqué leur cible, mais comme l'a expliqué le général Gadi Eisenkot, l'essentiel était ailleurs. « L'Iran voulait marquer les esprits ». Nul doute qu'il y est parvenu.

L'Iran, loin de donner des signes d'apaisement après six ans d'implication dans le conflit civil syrien et un accord international sur son programme d'armement nucléaire, continue d'avancer ses pièces sur l'échiquier régional, pour réaliser la « doctrine Jafari », comme l'a rappelé le général Eisenkot. Cette vision stratégique du commandant des Gardiens de la Révolution consiste à instaurer une hégémonie islamique mondiale, à commencer par le Proche-Orient, où l'Iran cherche plus que jamais à former un croissant chiite qui relierait Téhéran à Beyrouth, en passant par la Syrie. Ce qu'Amos Gilad, l'ancien directeur du pôle diplomatique du ministère israélien de la Défense, surnomme le « Hezbollahstan », une entité comprenant le Hezbollah, l'Iran et la Syrie de Bashar el Assad et qui est en train de remplacer progressivement Daech. Une menace que l'expert considère bien plus grave que celle de l'Etat islamique, « une menace stratégique pour Israël ». Amos Gilad va même jusqu'à évoquer le scénario d'une guerre sur le front nord d'Israël conduite par cette nouvelle force et appuyée par le soutien financier de la Russie.

Parallèlement, le chef des renseignements de Tsahal, le général Herzl Halevi a confirmé que le Hezbollah, avec l'aide de l'Iran, avait commencé à mettre en place une industrie militaire au Liban et produisait des armes de précision qui allaient ensuite grossir ses arsenaux près de la frontière israélienne. « Nous ne pouvons rester indifférents face à cette menace. Et d'ailleurs nous ne le sommes pas », a assuré le général Halevi, confirmant implicitement des actions de Tsahal, mais aussi des contacts diplomatiques entrepris par Israël auprès de ses alliés.

Plus délicate est la question de l'adéquation des visions stratégiques d'Israël et des Etats-Unis. Jérusalem considère l'Iran et ses alliés comme la principale menace. Washington continue de donner la priorité à la lutte contre Daech, sans traiter sérieusement la menace iranienne. « Nous ne laisserons pas des supplétifs de l'Iran menacer Israël depuis le Golan syrien après la défaite de Daech », a affirmé Brett McGurk. Mais les propos apaisants de l'émissaire de Donald Trump à Herzliya n'ont pas suffi à rassurer sur le court terme.

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