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20 Septembre 2017 | 29, Elul 5777 | Mise à jour le 19/09/2017 à 18h07

Rubrique France/Politique

Joann Sfar sur le meurtre de Sarah Halimi : « Si traiter une femme de sale juive puis la massacrer et la défenestrer ne suffit pas, il faut faire quoi ? »

"Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’en période électorale c’était peut-être une façon de s’acheter à peu de frais la paix civile." (Actu J).

Coauteur de la série le chat du rabbin, Joann Sfar s’est insurgé sur sa page Facebook, mercredi 12 Juillet, de la non reconnaissance du caractère antisémite de l’assassinat de Sarah Halimi (zal).

 Joann Sfar a dénoncé la décision de justice de ne pas reconnaître le caractère antisémitisme dans le meurtre de Sarah Halimi, en avril dernier. Le dessinateur a posté un message mercredi sur sa page Facebook comptant plus de 35 000 fans.

 « On apprend aujourd’hui que le tribunal ne considère pas qu’il s’agit d’un crime antisémite. Finalement je ne suis pas juriste, je n’y connais rien. Il paraît que le coupable a affirmé que son motif n’était pas antijuif. C’était quoi, son motif ? Ça ne me regarde pas. Par contre, je commence à me demander ce que ça serait, un crime antijuif ? Si traiter une dame de sale juive puis la massacrer et la défenestrer ça ne suffit pas, il faut faire quoi ? », s’étonne le dessinateur. Le scénariste de bande dessinée revient sur les faits et se pose des questions sur le traitement médiatique de l’affaire en période électorale : « Si j’ai bien compris un type traitait la dame juive de son immeuble de sale juive à chaque fois qu’il la voyait. Puis une nuit il pète un câble il met la misère dans tout l’immeuble puis il s’enferme avec la dame. Il la massacre pendant des heures. La police est dans l’immeuble et n’intervient pas. Il hurle Allah hou Akbar tant qu’il peut puis il la jette par la fenêtre et elle meurt. Le type n’a jamais eu d’antécédents psychiatriques mais on le met quand même à l’asile. Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’en période électorale c’était peut-être une façon de s’acheter à peu de frais la paix civile. »

Pour rappel, le meurtrier a été mis en examen lundi pour « homicide volontaire » mais le caractère antisémite n’a pas été retenu selon une source judiciaire. Il a été interrogé par les magistrats instructeurs et placé sous mandat de dépôt mais reste toujours hospitalisé. Une source proche de l’enquête ajoute qu’ « il conteste toute motivation antisémite à son acte. »

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