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22 Octobre 2017 | 2, Heshvan 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

Rubrique Israël

Comment les immigrants français font entendre leur voix en Israël

Nathan Sharansky et la ministre Sofa Landver accueillent les olim le 10 juillet 2017. (Flash90.)

Avec une immigration en progression, les olim de France commencent à se donner les moyens de faire avancer leur cause.

En Israël, c'est comme ça. Pour se faire entendre, il faut être organisé. Si l'on n'a pas de structure représentative ni d'accès à la Knesset ou au gouvernement, mieux vaut ne rien tenter. Les olim de France le savent depuis longtemps et ils avaient déjà essayé de se regrouper pour faire valoir leurs droits. Puis le temps a passé, l'alyah de France est restée confidentielle et les immigrants laissés livrés à eux-mêmes. Mais depuis quelques années, le vent tourne. L'apparition de Qualita (voir page 11), l'organisation fondée en 2015 par Marc Eisenberg a réveillé et redynamisé l'ensemble du tissu associatif. La Knesset a désormais son groupe de pression pour l'encouragement à l'alyah et l'intégration des olim de France. Les politiciens commencent à s'intéresser à eux, même en dehors des périodes électorales. Bref, les immigrants français commencent à être pris au sérieux.

Et les résultats sont là, même s'il reste encore beaucoup à faire. Dernier progrès en date : le casse-tête des permis de conduire. Jusqu'à présent, les olim de France, quelle que soit leur nombre d'années de conduite, ne peuvent utiliser leur permis français que durant la première année de leur installation, puis passent un examen pratique pour obtenir un permis israélien. Le député des Français de l'étranger Meyer Habib - qui ne ménage ni sa peine, ni ses contacts privilégiés avec Binyamin Netanyahou - a annoncé qu'Israël avait finalement décidé de reconnaître unilatéralement la validité des permis de conduire français, qui seront valables durant trois ans, avant d'ouvrir droit à une conversion automatique sur simple demande du titulaire. La mesure a été ratifiée par le ministre israélien des Transports, mais pas encore entrée en vigueur.


Les immigrants français commencent enfin à être pris au sérieux

La reconnaissance de diplômes universitaires français avance elle aussi. Après des années de bataille administrative, depuis le mois de juin dernier, les dentistes français ne sont plus contraints de passer des examens d'équivalence, s'ils peuvent justifier de cinq années d'expérience professionnelle au cours des sept années écoulées. Désormais, les olim qui en feront la demande, obtiendront d'abord un permis provisoire d'exercer pour un an, puis leur permis définitif. Même réussite pour l'internat de médecine : le ministère israélien de la Santé reconnaît maintenant le diplôme français de fin de deuxième cycle d'études de médecine. Les étudiants pouvant justifier d'une année d'internat validée en France pourront le poursuivre en Israël. Ceux qui ont achevé leur deuxième cycle seront autorisés, après examen, à faire leur stage en Israël.

De plus en plus de problèmes inhérents à l'alyah trouvent d'ailleurs un écho dans le débat public. La députée Likoud Nurit Koren, actuelle présidente du lobby des olim de France - fondé il y a trois ans par Yoni Chetboun - vient d'interpeller le directeur du Bituah Leumi, l'assurance nationale, sur les problèmes de couverture médicale gratuite que rencontrent certains nouveaux immigrants. Tous bénéficient de la gratuité des soins pour la première année. Mais dans de multiples cas, les olim qui demandent ensuite une allocation spéciale pour maladie ou invalidité se voient réclamer un paiement rétroactif dont ils étaient pourtant exonérés. 

Cette initiative, parmi d'autres, confirme que les olim de France ne sont plus disposés à se laisser balloter par le courant sans réagir. Les institutions israéliennes commencent à le comprendre.

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