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18 Août 2017 | 26, Av 5777 | Mise à jour le 28/07/2017 à 13h41

19 août 2017 - Chabbat Réé : 20h42 - 21h50

Rubrique Israël

Jérusalem: vers un nouvel embrasement ?

Les policiers et gardes de sécurité devant les portiques détecteurs de métaux sur le Mont du Temple. (FLASH90)

De l'attentat du 14 juillet à l'attaque contre un vigile de l'ambassade israélienne à Amman, Israël a vécu dix jours explosifs.

Le moindre événement sur le lieu saint de Jérusalem peut déclencher une poussée de température qu'il n'est jamais simple de contenir. Le meurtre de deux policiers druzes le vendredi 14 juillet par trois terroristes arabes israéliens n'a pas manqué de confirmer le diagnostic. La décision du gouvernement israélien d'installer des détecteurs de métaux aux points d'accès de l'esplanade pour contrôler les fidèles musulmans, a été le prétexte à une nouvelle flambée de violence. D'abord limitée aux abords des mosquées, elle s'est propagée aux quartiers arabes de Jérusalem, par des affrontements avec la police israélienne, après chaque prière. Celle du vendredi 21 juillet était attendue comme l'épreuve de force. La crainte s'est vérifiée. Galvanisés par les réseaux sociaux et surtout par les déclarations vengeresses des responsables palestiniens et arabes, des milliers de musulmans étaient prêts à en découdre pour prouver « qu'Al Aqsa était plus précieuse que [leur] sang », selon les termes du Mufti de Jérusalem. Au cours du week-end, les accrochages à Jérusalem-Est ont fait quatre morts parmi les émeutiers. En Samarie, un Palestinien de 19 ans a massacré trois Israéliens dans l'implantation de Halamish. 

La poussée de fièvre semblait devenir d'autant plus incontrôlable que les manifestations anti-israéliennes se multipliaient dans les capitales musulmanes. Jusqu'à l'attaque, le 23 juillet, d'un jeune Jordanien d'origine palestinienne, qui a tenté d'assassiner un agent de sécurité de l'ambassade d'Israël à Amman. Le terroriste a été abattu par le vigile, mais avec lui un autre ressortissant jordanien, victime d'une balle perdue. Le gouvernement jordanien accuse Israël d'assassinat et exige la reddition immédiate de l'agent israélien, au mépris des règles de l'immunité diplomatique. 


Les Etats-Unis n’ont participé aux tractations qu’à reculons

Jusqu'au moment où la solution apparaît : obtenir le retour sain et sauf de toute la mission diplomatique israélienne, vigile compris, contre le retrait des portiques de contrôle sur le Mont du Temple. Dans la soirée du 24 juillet, le compromis était scellé entre Binyamin Netanyahou et le roi Abdallah, et les diplomates rentraient en Israël. Le cabinet de sécurité israélien a décidé que les détecteurs de métaux seraient remplacés par un système de vidéo-surveillance à reconnaissance faciale. Mais il faudra encore six mois pour que le dispositif soit opérationnel. D'ici là, c'est la police qui devra gérer la sécurité sur le site avec des moyens conventionnels.

Ce nouvel épisode aura en tout cas permis de constater que loin de se calmer, le conflit israélo-arabe risque à tout moment de repartir et surtout qu'il prend de plus en plus un tournant religieux. Mais la haine qu'il génère peut être une arme à double tranchant pour ceux qui l'exploitent. Mahmoud Abbas, qui a annoncé la rupture des contacts avec Israël, n'a pas pour autant interrompu la coordination sécuritaire sur le terrain, comprenant qu'elle était vitale pour son régime. Le Hamas qui a voulu embraser les territoires palestiniens, n'est pas allé jusqu'à rompre la trêve avec Israël. La Jordanie, elle, a tiré son épingle du jeu, en apparaissant comme seule capable de résoudre la crise. 

Mais cette accalmie peut n'être qu'un répit. Tous les facteurs d'embrasement sont toujours là. Les Etats-Unis n'ont participé aux tractations qu'à reculons. La Turquie ne s'est pas privée de jeter de l'huile sur le feu. Une autre crise peut surgir à tout moment et Israël sera seul pour l'affronter. 

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