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22 Octobre 2017 | 2, Heshvan 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

Rubrique Israël

Moi, Ken Loach, boycotteur

(wikipedia)

Ken Loach a vraisemblablement le boycott sélectif. Ses appels au bannissement culturel d’Israël s’arrêtent là où ceux du gain commencent.

Le réalisateur britannique, un fervent partisan du boycott culturel d’Israël, avait dernièrement exhorté le groupe Radiohead à ne pas se produire à Tel-Aviv. « Quand une communauté oppressée demande à des artistes de renommée internationale de ne pas s’associer à leur oppresseur, il est de notre devoir de les entendre », avait écrit le cinéaste dans une tribune publiée dans The independent. 

« Jouer dans un pays ne veut pas dire soutenir sa politique », avait répondu Thom Yorke, le leader du groupe, rappelant qu’il donnait des concerts en Israël depuis 20 ans, quel que soit le gouvernement en place et que la musique était là pour gommer les clivages et exercer la liberté d’expression. L’appel de Ken Loach était donc tombé dans l’oreille d’un sourd. Et c’est devant 50 000 fans que Radiohead a chanté au Parc Hayarkon. Quant à Ken Loach, ses appels au boycott d’Israël sont assurément couverts par le bruit des sonnantes et trébuchantes. En effet, c’est aussi depuis 20 ans que ses films sont distribués en Israël sans qu’il n’émette la moindre réserve révèle Guy Shani, son distributeur israélien. Son dernier film « Moi, Daniel Blake », Palme d'or au Festival de Cannes 2016 et César du meilleur film étranger, est d’ailleurs projeté en ce moment.  

Le réalisateur, pris la main dans le sac, vient de déclarer que si ses films étaient vendus à Israël il s’agissait d’une erreur. « Tous les revenus générés par Moi, Daniel Blake seront reversés à des organisations de défense des droits des Palestiniennes », a-t-il annoncé. Alors pour ne pas lui laisser ce plaisir, et malgré son talent, le temps n’est-il pas venu de retirer, manu militari, le film de l’obtus réalisateur des salles obscures israéliennes ?

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