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19 Novembre 2017 | 1er, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Judaïsme

Ce qu'il faut savoir sur le 17 Tamouz

Il y a des jours qui ont vu un certain nombre d’événements difficiles se produire au cours de l’histoire juive. C’est le cas du 17 tamouz, jour de jeûne, et qui marque le début des trois semaines de deuil.

Ces trois semaines s’achèvent avec le jeûne du 9 av, jour de la destruction du Temple de Jérusalem. C’est le 17 tamouz que les Romains réussirent à effectuer la première brèche dans les murailles de Jérusalem. Trois semaines plus tard, le Temple était incendié. Ce jour annonçait la destruction, l’exil, la dispersion, l’adversité qui n’a pas manqué de rencontrer la route du peuple juif. Cette première brèche dans les murailles évoque ainsi l’importance de préserver les lois-murailles que les sages ont établies autour de la Torah afin de s’assurer que la loi biblique ne soit pas transgressée. La défense rabbinique, telle une mesure de précaution, protège l’enceinte de la Loi. 

C’est aussi un 17 tamouz que l’offrande permanente fut suspendue (korban tamid). Du fait du siège, il n’était plus possible de présenter sur l’autel l’agneau du matin et celui de l’après-midi. La suspension de cette offrande dite « permanente » sonnait comme la fin « provisoire » du service au Temple. Elle fait penser aussi à un mode de vie morcelé, distinguant le domaine religieux du profane, reléguant le lien avec D.ieu à la sphère du rituel, oubliant que c’est dans la permanence, dans tous les gestes de la vie quotidienne que se joue la spiritualité d’Israël.

C’est encore un 17 tamouz qu’un certain Apostémoss, un gouverneur grec, à l’époque de la domination des Grecs sur la Judée, organisa un autodafé des parchemins de la Torah. Brûler la Torah et les livres qui la portent fut une habitude prise dans l’histoire : que l’on songe à Louis IX ou aux nazis. Le parchemin sur lequel les lettres hébraïques sont inscrites dérange. C’est là la première façon de mettre fin au judaïsme. Il en existe une seconde, plus sournoise, subversive : le Temple n’est pas détruit mais une idole y est déposée, soit un autre mode religieux que celui des juifs. Le cadre symbolique est conservé mais son contenu est changé. On y ajoute de la visibilité religieuse, une dimension matérialiste et somme toute relativiste. On ajoutera que ce personnage Apostémoss est aussi identifié, par la tradition rabbinique, au roi Menaché qui plaça une idole dans le Temple. C’est parfois de l’intérieur que les attaques partent (cf. Ikar Tossefot Yom Tov sur Taanit 4).

Enfin, c’est un 17 tamouz que les Tables de la Loi furent brisées à la suite de la faute du veau d’or. Cette brisure tonne comme un échec, mais seulement comme un échec à dépasser. Depuis, le peuple juif tente de ramasser les morceaux de ces Tables et de les recoller. 

Le jeûne du 17 tamouz offre précisément l’occasion de revenir sur ces différents événements qui jalonnent l’histoire, d’en comprendre le sens, d’en retirer les leçons et d’en faire définitivement une histoire passée.


Mardi 11 Juillet : Jeûne du 17 Tamouz

Début : 03h29 - Fin : 22h43

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