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18 Octobre 2017 | 28, Tishri 5778 | Mise à jour le 17/10/2017 à 17h56

21 octobre 2017 - Chabbat Noah' : 18h34 - 19h35

Rubrique Judaïsme

Parachat Dévarim : Après la destruction

(DR)

La perte du Temple n’est pas une douleur quantifiable unique. Elle varie d’un individu à un autre parce que l’intensité d’une épreuve ne dépend pas de l’événement en lui-même. Elle dépend de la façon dont il est perçu : ainsi on peut comprendre la destruction du Temple comme une catastrophe d’une ampleur incalculable mais on peut aussi la voir comme une formidable perspective vers le Bien.

Allons plus loin. Ce principe d’une double lecture des événements se trouve dans la Thora elle-même : on peut y trouver une perception littérale d’un fait qui, sur un registre plus profond, sera lu  totalement différemment. Comme le rapporte le Midrash qui nous dit que le Machia’h naquit le jour de la destruction du Temple ! Le Bien le plus absolu trouverait sa source dans l’expression la plus tragique du Mal ! De quoi perturber le plus cartésien des étudiants ! Prenons un second exemple. Plus que la perte du Temple, l’exil qui s’ensuivit fut, d’un certain point de vue, aussi douloureux. Alors que la destruction du Temple fut un événement ponctuel, l’exil allait s’étendre sur des siècles. De plus, il allait entraîner la dispersion, la persécution et la pauvreté au sein du peuple juif. Mais cette histoire malheureuse donna naissance aux textes les plus fondamentaux de la pensée juive : de la situation la plus dramatique pour un peuple allait sortir une identité grandie et renforcée.


Une construction plus belle

On peut appliquer cette dualité au Temple lui-même. Le Midrash affirme que D.ieu accomplit les commandements qu’Il demande aux Juifs d’accomplir. Or, comment D.ieu put-Il détruire le Temple quand, Il interdit dans la Thora d’endommager la moindre partie du Temple ou qu’Il interdit toute destruction de synagogue, considérée comme un petit Temple, un « Mikdach méath » selon les mots du Talmud ! La réponse est une ouverture positive sur l’avenir : il est permis de détruire une synagogue si on le fait dans le but d’en construire une, plus grande et plus belle. Extérieurement la destruction du Temple est un drame pour Israël mais il annonce  la construction du troisième Temple qui sera plus grand et plus prestigieux que les deux premiers puisqu’il descendra du Ciel.


Décrypter l’Histoire

Cette projection dans l’avenir nous invite à lire ici toute la dynamique de l’Histoire juive. Pour l’instant, personne n’est en mesure de comprendre le devenir de notre Histoire mais il est sûr qu’elle avance dans le sens du Bien, même, si de prime abord, on ne comprend pas comment. C’est pourquoi, il faut, dirions-nous, s’auto-éduquer. Depuis la création du monde, nous dit le Baal Chem Tov (1), tous les événements, grands et petits, de l’Histoire convergent vers la délivrance messianique et à plus forte raison à notre époque où nous sommes plus près de l’issue finale. Nous avons donc une obligation de décrypter les événements du monde sous l’angle du Bien. Cette auto-éducation aura deux vertus : elle renforcera notre foi en D.ieu en nous faisant prendre conscience que Lui seul dirige le monde. Mais elle aura aussi le privilège de nous donner une vision positive du monde et de ses turbulences.


Note

(1)  Le fondateur du Hassidisme (1698-1760)

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