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22 Octobre 2017 | 2, Heshvan 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

Rubrique Régions

Frank Benzaquen : «RCN n’est pas un organe de presse juif replié sur lui-même»

« Mon objectif, c’est d’abord et avant tout d’assurer la pérennité de la radio » (Hay’Images)

Radio Chalom Nitsan a fêté ses 34 ans. A cette occasion, Frank Benzaquen, président de Radio Chalom Nitsan depuis 2010, fait le point sur la vie de cette radio .

Actualité Juive : Quel bilan faites-vous de ces 34 années ?

Frank Benzaquen : Il s’en est passé des choses. Je pense à ceux qui étaient là au départ, qui ont connu le matériel de l’époque. Quand on voit ce qu’on possède aujourd’hui, on n’est plus dans le même monde et c’est tant mieux. 34 ans d’existence ce n’est pas rien. Je souhaite à la radio une longue, très longue vie, bien au-delà de 120 ans et pas comme à 20 ans.


A.J.: A quelles difficultés est confrontée la radio aujourd'hui ?

F.-B. : Ce n’est jamais facile de diriger une association, qui plus est communautaire, et de surcroît un media tel que la radio. Il est difficile de satisfaire tout le monde. Une radio généraliste va cibler un public particulier, les jeunes par exemple avec des programmes spécifiques, qui n’intéresseront pas les tranches d’âges au-dessus qui trouveront leur bonheur sur d’autres fréquences. En tant que radio juive, on veut toucher la communauté juive bien évidemment, mais pas seulement. Alors, qui toucher? Les jeunes, les nostalgiques des pays d’Afrique du Nord, les laïcs, les très religieux, les moins religieux, les sionistes… ? Il faudrait une radio juive pour les jeunes, une pour les moins jeunes, une pour les séfarades, les ashkénazes, les haredim…. Et comme ce n’est pas possible, on propose des émissions qui touchent à tout cela.


A.J.: Des améliorations sont-elles prévues ?

F.-B. : Mon objectif, c’est d’abord et avant tout d’assurer la pérennité de la radio, chose qui n’est pas facile car nous vivons principalement de dons et subventions, et plus de subventions que de dons. Les gens ne voient pas la radio comme une association. Certains pensent que la publicité tombe très facilement et contribue amplement au financement, ce qui n’est pas le cas. D’autres pensent que c’est une entreprise avec des actionnaires qui touchent des dividendes en fin d’année. Je souhaite élargir le plus possible l’auditorat, continuer à démontrer que RCN n’est pas un organe de presse juif replié sur lui-même mais au contraire, ouvert, surtout à notre époque où les replis communautaires et identitaires sont forts.


A.J.: Vos meilleurs souvenirs ?

F.B. : Mes meilleurs souvenirs c’est l’époque où j’étais étudiant et que je faisais des émissions de libre antenne. J’ai un souvenir en particulier: à l’époque de la présidence de mon oncle, Guy Toubiana, le jour de l’installation du nouveau matériel que j’avais personnellement choisi, puisque j’en étais le responsable. Ça c’est un souvenir fort. Aujourd’hui, je m’impose un droit de réserve. Je ne veux pas être un président qui abuse de sa fonction pour faire entendre sa voix tous les jours. A tous les habitants de la région, je dis : continuez à écouter la radio dans votre voiture, chez vous, sur les réseaux sociaux, sur vos téléphones avec l’application. Soutenez-la parce qu’une radio juive sur la Côte d’Azur, il n’y  en a qu’une, et il n’y en aura jamais d’autres.

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