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18 Octobre 2017 | 28, Tishri 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h36

21 octobre 2017 - Chabbat Noah' : 18h34 - 19h35

Rubrique Communauté

Les écoles juives, un réseau « en permanente évolution »

(Flash90.)

En cette semaine de rentrée scolaire, Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’Action scolaire au sein du Fonds Social Juif Unifié (FSJU), revient pour notre journal sur les enjeux du cru 2017-2018.

A l’aube du grand rush, Patrick Petit-Ohayon s’est accordé une pause dans son emploi du temps pour détailler dans les grandes lignes les défis à venir. « Quand on y regarde de plus près, certains établissements vivent mal leur situation géographique, qui implique une baisse d’effectifs et des difficultés sur le plan économique », pose-t-il d’emblée pour Actualité Juive. Après plusieurs années de stabilité, d’autres structures sont, au contraire, en pleine expansion. 

« Le réseau de l’enseignement juif est comme un corps vivant en permanente évolution ou reconstruction », soutient notre interlocuteur. Des changements de directeurs sont ainsi prévus en cette nouvelle rentrée, faisant ainsi évoluer la physionomie de l’école juive. A l’heure actuelle, la préoccupation majeure de Patrick Petit-Ohayon porte sur la mesure gouvernementale concernant les emplois aidés. « N’oublions pas que nos écoles sont gérées par des associations à but non lucratif, à l’équilibre financier toujours difficile dans lequel la part de contrats aidés peut être non négligeable, s’alarme-t-il.  Nous ne sommes pas encore en mesure d’évaluer l'ampleur de leur suppression, mais cela risque de plonger les structures dans une situation économique difficile à laquelle il va nous falloir travailler ».

D’après les chiffres communiqués par le FSJU, une centaine de groupes scolaires quadrillent l’Hexagone pour un total de 31 000 élèves. Environ 70% de la fréquentation s’opère en Ile-de-France, le reste en province.  « Pour cette année, les effectifs seront mesurés après la rentrée, mais selon nos retours du terrain, ils devraient être en hausse parce que l’alyah est en baisse et aussi parce que les arrivées du public sont en voie d’augmentation. La nécessité de cacher son identité juive dans certains établissements publics et les actes antisémites de ces dernières années ont provoqué une soif de savoirs identitaires qui se traduit par des inscriptions à l’école juive », argumente Patrick Petit-Ohayon. Ce dernier a pu observer des changements notoires dans les flux de populations. « Le plus surprenant est probablement le retour de familles juives dans le 93 et particulièrement autour des écoles de l'AIU aux Pavillons-sous-Bois et de Merkaz Hatorah au Raincy. 


Des changements dans les flux de populations

En fait, les familles s'installent dans la proximité des écoles pour limiter les risques sécuritaires dans les transports de leurs enfants. Le coût de l'immobilier les encourage. On a le même phénomène à Yerres dans l’Essonne à proximité de Beth Rivkah », détaille-t-il. Quid du coût de la scolarisation ?  Les frais restent « stables », nous dit-on. Le coût moyen payé par les parents avoisine les 250 euros par mois. Il faut savoir par ailleurs que le nombre de familles juives nécessitant des réductions de frais de scolarisation atteint en moyenne le chiffre de 75%. Autrement dit, environ 25 % paient le prix affiché d’un établissement. Une situation qui oblige souvent des écoles à organiser des galas ou des collectes supplémentaires (fournitures, sorties, stages, ateliers…) pour pouvoir boucler leur budget en fin d’année. Par ailleurs, des systèmes de bourses existent. « Les bourses Cantines Latalmid aident déjà plus d’un millier d’élèves en France. Il y a aussi les bourses Benjamin Gross afin d’aider les établissements à accueillir des élèves accédant pour la première fois à l’école juive ». Deux dispositifs pour lesquels le FSJU s’implique et dont le financement provient de la Fondation Gordin. 

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