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21 Octobre 2017 | 1er, Heshvan 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

Rubrique Monde juif

Vers la fin de l’importation de viande cachère en Suisse ?

(Flash90.)

Le Parlement Fédéral suisse doit bientôt examiner un projet de loi qui rendrait toute importation de viande cachère illégale sur le territoire de la Confédération.

Un peu d’histoire: En 1892, la Société protectrice des animaux suisse lance une initiative populaire contre l’abattage rituel. Qui, malgré une demande de rejet par le Conseil fédéral et l’Assemblée fédérale, est acceptée le 20 août 1893. Résultat, un article (le 25 bis) est ajouté à la Constitution. Il stipule qu’il « est expressément interdit de saigner les animaux de boucherie sans les avoir étourdis préalablement ; cette dis-position s’applique à tout mode d’abattage et à toute espèce de bétail ». La volaille échappe, donc, à l’interdiction généralement considérée comme un acte purement antisémite. 

Depuis cette date, malgré des efforts faits pour changer la loi (efforts qui n’ont jamais abouti), toute la viande cachère consommée en Suisse vient de l’étranger. Mais, en juin dernier, un projet de loi présenté par Matthias Aebisgher, un élu social-démocrate (le second parti du pays), a été introduit auprès du Parlement Fédéral. Celui ci vise à interdire l’importation de viande qui proviendrait d’animaux abattus « de manière inhumaine », c’est à dire qui n’auraient pas été assommés avent d’être tués, une pratique interdite tant par le judaïsme que l’islam. Bien entendu, cette initiative a été condamnée par la communauté juive locale via une déclaration du président de la Fédération Suisse des Communautés Juives, Herbert Winter, qui a souligné que l’adoption d’une telle législation représenterait « une limite conséquente sur la li-berté de religion des juifs». Mais les choses pourraient encore évoluer favorablement (pour la communauté). 

Certes, ce ne serait pas en raison de la prise de conscience de la res-triction desdites libertés, une notion qui ne semble pas retenir l’attention des législateurs suisses; mais, parce que ce projet de loi en faveur « du bien être animal » (dont on ne sait pas, actuellement, à quelle date il sera soumis au vote des parlementaires) impliquerait aus-si l’interdiction de l’importation du foie gras. Dont nombre de suisses sont très friands.

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