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18 Octobre 2017 | 28, Tishri 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h36

21 octobre 2017 - Chabbat Noah' : 18h34 - 19h35

Rubrique Culture/Télé

Michel Boujenah : « Les Boutboul, c'est mon imaginaire, mon Peter Pan à moi »

Michel Boujenah est de nouveau sur scène pour nous parler de sa vie rêvée, imaginée, entouré de ses héros favoris et du paradis perdu de l'enfance. Rencontre avec un homme heureux d'être sur scène avec son public depuis presque 40 ans.

Actualité Juive : Ce nouveau spectacle mélange le rire, la dérision et  l'émotion, ce qui est votre marque de fabrique ! On peut dire que vous avez un capital sympathie avec le public. Surtout quand vous improvisez ce qui déclenche des rires sans fin…

Michel Boujenah : Je ne suis pas si léger que ça. Je fais rire avec des choses importantes. Il y a des choses qui sont prévues, d'autres non, que le public ne voit pas. Ce sont mes personnages qui inventent des textes en plus ; ce n'est pas moi.  Mon écriture est vivante, elle n'est pas figée ; c'est une manière de faire entrer le public dans le rêve et de le rendre complice. Le rire c'est une grande émotion aussi… les gens ont toujours besoin de rire, à tout moment. 


A.J.: Vous vous posez souvent en défenseur des femmes. C'est un sujet qui vous tiens à cœur ? 

M. B : Même Simone Boutboul est devenue féministe (rire) je l'adore, elle le fait avec beaucoup  d'humour.  Je ne me moque jamais d'elle ; c'est elle qui est drôle, qui fait rire, ce n'est pas moi. Je crois que j'ai  besoin de faire rire, sinon, je meurs... 


A.J.: On sent  beaucoup de tendresse envers vos personnages, votre enfance, la Tunisie... Que représente tout cela pour vous ?

M. B : Le spectacle parle plus de l'enfance ; nommer la Tunisie me semble réducteur ; chaque spectateur se pose la question de là ou il vient. On a tous en soi un petit garçon à aller chercher quelque part. Le paradis perdu,  c'est l'enfance. L'imagination ne sort pas de la cuisse de Jupiter. Elle sort de ce qu'on a vu, ressenti, de qui on a rencontré, de ce qu'on nous a raconté, de ce qu'on a lu,  de nos rêves, de nos cauchemars. Vous mélangez ça dans un mixeur et vous avez l'écriture. Les Boutboul, c'est mon monde imaginaire, mon Peter Pan à moi. Mes super-héros sont magnifiques, plus beaux que superman parce qu'ils ont cette capacité de tourner en dérision leur propre histoire et qu'ils ont de l'humour. Je les adore.

 

A.J.: Dans un autre registre… Quelles ont été les retombées de votre intervention remarquée dans l'émission ONPC, concernant l'antisémitisme et le silence autour de l’assassinat 

de Sarah Halimi ? 

M. B. : J'ai reçu beaucoup de critiques de deux sortes, par les réseaux sociaux ; de pro-palestiniens extrêmement durs, qui m'ont dit : « Regardez ce que vous avez fait, »  alors que cela n'avait aucun rapport  car moi je parlais de l'antisémitisme depuis la nuit des temps, il y a 5000 ans. Il y a eu aussi des juifs qui m'ont dit « arrête de pleurnicher ». Moi, j'ai fait juste un constat. Je n’avais pas prévu de parler de ça. J’ai aussi reçu beaucoup de soutiens de juifs, qui m’ont beaucoup touché.


A.J.: Et l'intervention de Yan Moix, comment l'avez vous vécue ? 

M. B. : Il y a eu des retombées et des retours positifs, car ça a circulé jusqu'en haut du pouvoir. Cela a contribué à faire que le Président de la République a parlé de Sarah Halimi lors de la commémoration du Vel d'Hiv. Cela a contribué à briser le silence... 


« Ma vie encore plus rêvée ». Michel Boujenah. Du mardi au samedi à 21H. Dimanche à 15h. Théâtre de la Gaité Montparnasse ; 26 rue de la Gaité, 75014 Paris. Réservations au 01 23 22 16 18

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