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18 Octobre 2017 | 28, Tishri 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h36

21 octobre 2017 - Chabbat Noah' : 18h34 - 19h35

Rubrique France/Politique

Jean-Pierre Bansard, du Consistoire au Sénat

L’homme d’affaires et mécène a créé la surprise chez les Français de l’étranger.

En politique, il faut parfois s’y reprendre à trois fois. François Mitterrand et Jacques Chirac n’ont conquis l’Elysée qu’à leur troisième tentative, après avoir trébuché aux portes du pouvoir respectivement en 1969 et 1974 pour le socialiste, 1981 et 1988 pour l’ancien maire de Paris. 
Cette fameuse « règle de trois », Jean-Pierre Bansard en a donné une nouvelle illustration dimanche dernier, lors des élections sénatoriales. Après avoir manqué le coche en 2011 et vu le Palais Bourbon lui échapper à nouveau trois ans plus tard à une voix près, l’homme d’affaires a arraché, le dimanche 24 septembre, l’un des six sièges en jeu chez les Français de l’étranger. La politique, nouveau chapitre dans le parcours foisonnant d’un homme classé 230e fortune de France en 2016 par le magazine Challenges.
Né à Oran, celui qui est membre depuis 2010 de l’Assemblée des Français de l’étranger a bâti un empire avec le groupe CIBLE. Après avoir démarré comme transitaire, Jean-Pierre Bansard se spécialise dans l’immobilier logistique en acquérant des entrepôts à Orly et Rungis. Fourmillant d’idées, il rachète des marchés dans les Puces de Saint-Ouen - revendus depuis-, importe le concept de solderies d’usine avec Usines Center. Pionnier, le self-made-man le sera également avec le développement en France du concept d’hôtellerie-boutique. Fleuron du groupe : L’Intercontinental Paris, anciennement Crowne Plaza, situé au 64 avenue Marceau, dans le très chic 8e arrondissement de la capitale.
L’adresse tient une place particulière dans l’histoire de la communauté juive. C’est là que se tenait, à partir de 1992 la maison France-Israël. Lancée à l’initiative de Lionel Stoléru, le lieu servait de vitrine à la coopération franco-israélienne sur le plan économique et scientifique, tout en abritant centre de documentation et salle de fêtes.
Mécène, impliqué dans le lancement du Comité Pasteur-Weizmann pour la recherche scientifique, Jean-Pierre Bansard a également occupé la présidence du Consistoire central. Son mandat fut néanmoins de courte durée : élu en 1992, il démissionnera deux ans plus tard alors que l’institution connaît de graves difficultés financières. En 2004, il invite les Juifs à résister à la tentation du « repli communautariste » dans un essai paru à l’Archipel, « Un judaïsme au cœur de la République ».

« Nous ne sommes ni de droite, ni de gauche, ni du centre »
A 77 ans, le voilà désormais au Sénat après avoir passé le témoin à ses filles à la tête du groupe. Avec 25,34% des suffrages, sa liste « Bansard 2017. La Voix des Français de l’étranger » (divers droite) obtient deux sièges, après avoir été placé en tête par un collège de 533 membres, composé principalement de conseillers consulaires élus. « Nous ne sommes ni de droite, ni de gauche, ni du centre », avait-il assuré pendant la campagne au magazine Entreprendre. « Nous venons en aide aux Français de l’étranger quelle que soit leur appartenance politique ». Après Meyer Habib (UDI) en 2012 et 2017 à l’Assemblée nationale, c’est la deuxième personnalité active dans l’action communautaire qui s’installe dans une des chambres législatives.
Le scrutin, qui a permis le renouvellement de près de la moitié des 348 sièges de la chambre haute, a confirmé la domination des Républicains (171 sièges avec les divers droite), légèrement limité la descente aux enfers des socialistes après la terrible séquence présidentielle-législatives du printemps (69 élus contre 86), et surtout marqué le premier coup d’arrêt de la République en marche. Avec 24 sénateurs élus, le parti du président Emmanuel Macron paie la mauvaise réception de certaines mesures (réduction des dotations de l’Etat, baisse drastique des emplois aidés) par des 76 000 élus locaux qui formaient le collège électoral invité à voter le 24 septembre. « La revanche des élus locaux » titrait lundi la très lue Gazette des communes, hissant en porte-drapeau du « vieux monde », épinglé par LRM, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), largement réélu dans les Yvelines. Celui-ci devrait conserver son rang protocolaire de troisième personnage de l’Etat. Jean-Pierre Bansard aura peut-être un conseil ou deux à lui livrer pour redorer une institution souvent raillée pour son rythme de croisière: il détenait, de 2004 à 2013, le groupe Solex.

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