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18 Octobre 2017 | 28, Tishri 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h34

21 octobre 2017 - Chabbat Noah' : 18h34 - 19h35

Rubrique Israël

Au coeur de la Shoah retentit la sonnerie du chofar

(Crédit : Yad Vashem)

La vie juive est rythmée par la célébration des fêtes et des grands évènements du cycle de la vie. Au fil des saisons, les Juifs observent des temps forts afin de demeurer en lien avec leur précieux héritage. Tout au long de leur histoire cependant, des poussées d'antisémitisme les ont contraints à marquer ces occasions au prix de sacrifices et de risques importants pour eux-mêmes et leurs communautés. Ils risquèrent donc souvent leur vie pour préserver cette culture juive à laquelle ils tenaient tant.

Le Nouvel An juif est une période riche en traditions et propice à l'introspection. Indépendamment de la pratique religieuse, il fait partie de l'essence de la culture juive.  En 1943, Moshe (Ben-Dov) Winterter, de la ville polonaise de Piotrkow, était prisonnier dans le camp de travaux forcés nazi de Skarzysko-Kamienna. Il travaillait dans l'atelier de métallurgie d'une usine d'armements locale. En prévision de Roch Hachana, il fabriqua un chofar à partir d'une corne de bélier pour marquer l'entrée dans la nouvelle année. 

L'idée de la fabrication du chofar vint d'Yitzhak Finkler, le rabbin de Radoszyce, également prisonnier dans le camp, qui souhaitait ardemment pouvoir observer le commandement consistant à faire sonner le chofar lors du Nouvel An juif. Se procurer une corne de bélier pour la fabrication, comme l'exige la loi juive, ne fut pas chose aisée. En contrepartie d'un pot-de-vin, un garde polonais accepta d'en rapporter une au camp mais celle-ci s'avéra être une corne de bœuf. Il fallut lui verser un second pot-de-vin pour qu'il rapporte une corne de bélier. Le rabbin approcha Moshe Winterter, qu'il avait connu à Piotrkow et lui demanda de fabriquer le chofar. Dans un premier temps, celui-ci s'y refusa. La fabrication d'un objet autre qu'une arme dans l'atelier de métallurgie ou même le simple transport d'un objet considéré comme un objet de contrebande de l'atelier jusqu'aux baraques, pouvaient être immédiatement punis de mort. 

En dépit du danger, Moshe Winterter s'acquitta rapidement de sa tâche et apporta le chofar au rabbin la veille de la fête. La nouvelle se répandit et les prisonniers se rassemblèrent le soir même pour prier et écouter le chofar retentir. 

Moshe Winterter conserva le chofar durant toute sa détention, jusqu'à son transfert dans le camp de travail de Czestochowa. Après sa déportation à Buchenwald, le chofar demeura à Czestochowa jusqu'à la libération du camp. Il fut alors remis à la communauté juive locale avant d'être transporté aux Etats-Unis. Moshe Winterter émigra en Israël après la guerre. En 1977, il apporta son concours au transfert du chofar à Yad Vashem afin d'assurer sa conservation. 

Le chofar de Moshe Winterter se trouve désormais à Yad Vashem - l'Institut international pour la mémoire de la Shoah - aux côtés de dizaines de milliers d'autres objets personnels chargés d'histoire. Certains de ces précieux objets, dont le chofar, sont présentés dans le cadre d'une exposition virtuelle qui propose un aperçu de la façon dont les Juifs célébraient le Nouvel An avant, pendant et immédiatement après la Shoah.


Dana Porath, Director, Internet Department, Yad Vashem.

L'auteur est responsable des relations avec les médias internationaux au sein de la division communication de Yad Vashem - l'Institut international pour la mémoire de la Shoah.


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