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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Culture/Télé

Olivier Nakache et Éric Toledano : « On a eu envie de parler de la France qu’on aime »

« En octobre, on sera à Montréal, à Rome, à Moscou, et en Israël courant novembre. » (DR)

Avec « Le sens de la fête », Olivier Nakache et Éric Toledano nous offrent de nouveau une comédie très réussie, cette fois sur les coulisses d’un mariage. Ils nous en parlent.

Actualité Juive : Pourquoi ce film ?

Éric Toledano : Une remarque d’un de nos modèles en comédie, Billy Wilder, l’explique : il faisait une comédie quand il ne se sentait pas bien, quand il était un peu déprimé. On a vécu une année tellement difficile pendant l’écriture, 2015-2016. Nous étions dans des contextes pénibles quand on voyait les infos à la télé, on ne se reconnaissait plus dans le monde dans lequel on était. On a certainement eu envie de s’échapper comme dans une bulle, et de se réfugier dans un univers où on allait se sentir mieux tout en essayant quand même de faire une photographie de la France décrite à travers cette équipe au travail. On a « préféré en rire plutôt que d’en pleurer » pour citer Beaumarchais. 


A.J.: Vous vous placez du côté des patrons en présentant les employés comme des bras cassés ?

Olivier Nakache : On représente plutôt une entreprise peu montrée au cinéma. On y voit souvent un point de vue ouvrier dans les films à caractère social fort, ou alors des patrons un peu caricaturaux, en dehors des réalités du monde. On a juste parlé d’une réalité centrale en France que  sont les petites entreprises familiales gérées généralement de façon assez humaine. Comme dit le héros : « Je joue ma vie à chaque soirée ». Ils ont toujours un beau-frère à aider ou un cousin qui vient se faire embaucher ou encore un camion à prêter. C’était un point de vue que l’on trouvait attachant pour parler de la France qu’on aime et qu’on a envie d’aimer. Celle qui a envie de s’entendre, d’avancer ensemble, de jouer en harmonie. C’est ce que l’on essaie de raconter dans le film. 


A.J.: Existe-t-il un lien entre ce film et les précédents ?

E.T. : Oui je l’espère. On tente de creuser le même sillon en souhaitant montrer ce qui peut rapprocher les gens en apparence différents, et qui ont finalement tout intérêt à s’adapter et à avancer ensemble, plutôt que de se replier sur eux mêmes. Les réalisateurs que l’on admire sont ceux qui racontent toujours la même chose, mais différemment. Woody Allen a un moment, on  le sait,  va parler de son judaïsme, de sa psychanalyse, de son rapport à la mort et au sexe, et finalement il crée des variations sur le même thème. Le nôtre est comment rapprocher les gens. On met la comédie devant, presque pour dire que l’on a une certaine distance, qu’on ne se prend pas au sérieux, ce qui nous permet de dédramatiser  des situations plutôt dures. 


A.J.: C’est donc pour cette raison que la comédie est votre ton de prédilection ?

O.N. : La comédie est une élégance. C’est avoir la certitude que le public est vivant dans la salle, qu’il réagit, que l’on entend ses rires si agréables. Avant la sortie du film, on a passé trois mois tous les soirs dans les salles de France et à l’étranger pour la promo. C’est un immense plaisir à chaque fois. Un bain de jouvence ! Et puis  quand on a bien ri, on est ouvert à d’autres sentiments.


A.J.: Comment êtes-vous arrivés à la musique pour le film  de l’Israélien Avishai Cohen ?

O.N. : Olivier et moi sommes fans de jazz. On cherche à chaque fois une musique pour nous aider à l’écriture. On en a besoin pour avancer. À un moment Avishai Cohen s’est posé comme un cadre possible avec un rythme intéressant, nous avons écrit avec plusieurs de ses albums dans les oreilles. On est allés le voir. Il ne nous connaissait pas, mais heureusement sa femme avait vu « Intouchables », beau succès en Israël. On a immédiatement « matchés » et on  a fait un mariage entre le jazz et le film. 


A.J.: Au-delà de ce mariage universel, l’expérience des cérémonies juives vous a guidés ?

E.T. : Non, parce que le mariage choisi est un terrain de jeux. On sait qu’il existe des tensions. Les familles sont sur le qui-vive, c’est un jour important. L’idée était de conserver l’esprit de fête dans un contexte difficile, d’où le titre du film. Quel est le sens d’apporter tant de détails pour une fête, alors qu’autour de nous le monde tourne d’une façon assez étrange ? Un symbole connu de tous, donc on pouvait jouer avec les codes.


A.J.: Vous allez bientôt en Israël présenter le film ?

O.N. : On a pour habitude de voyager avec les films. On a cet amour d’aller rencontrer les publics partout dans le monde. On a commencé par le Canada et l’Espagne. En octobre, on sera à Montréal, à Rome, à Moscou, et en Israël courant novembre.


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