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18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Culture/Télé

Les écrits antisémites de Michel Audiard

(DR)

Des écrits antisémites du plus grand dialoguiste du cinéma français refont surface vingt-deux ans après sa mort. On y découvre que durant la Seconde guerre mondiale, celui-ci participait aux revues collaborationnistes.

De Michel Audiard, nous connaissons les éternels dialogues des Tontons Flingueurs et des formules qui font mouche telles que « Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière ». Sa verve, sa culture et son humour légendaires ont enchanté le cinéma français. C’est à présent une nouvelle facette que nous découvrons vingt-deux ans après sa mort. Une facette qui s’est exprimée durant la Seconde guerre mondiale, alors qu’il était encore tout jeune homme. La revue « Temps Noir », spécialisée dans le roman policier et le cinéma criminel, exhume dans son numéro d’octobre les écrits antisémites et collaborationnistes de Michel Audiard. Selon Franck Lhomeau, le rédacteur en chef de la revue, il aurait publié dans les journaux « les plus collabos de l’époque ». 

Le jeune Michel Audiard, âgé alors de 23 ans, a par exemple écrit des nouvelles dans les colonnes du journal L’Appel. Les personnages juifs y sont caractérisés par « une veulerie suante », « une odeur de chacal » et autres « synthèse de fourberie ». Des propos qui interviennent peu de temps après les rafles de Marseille et du Vel d’Hiv'. Audiard s’en prend aussi au « monde qu’il est convenu d’appeler 'artistique' et qui demeure dans sa majorité le plus coquet ramassis de faisans, juifs, métèques, margoulins ». Dans une autre chronique littéraire, le futur grand du cinéma français taxe encore Joseph Kessel de « petit youpin ». Outre ses écrits haineux, celui-ci se serait également impliqué politiquement puisque la revue exhume son engagement politique. En effet, celui-ci détenait une carte d’adhésion au mouvement Collaboration datée de 1942. Un mouvement qui réunissait des intellectuels favorables au régime de Vichy, comme l'indique une fiche d'adhésion datée de 1942. C’est la deuxième fois que le sujet est traité, en effet, le livre « Les collaborateurs » de Pascal Ory mentionnait déjà ses publications dans la revue L'Appel. Le rédacteur en chef de la revue a expliqué que par ces révélations, il n’était pas question de « traquer qui que ce soit », ajoutant qu'il avait cherché à « démystifier le personnage » et à comprendre qui il était avant de devenir le dialoguiste révéré du cinéma des années 1950 et 1960.

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