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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Culture/Télé

Michel Gad Wolkowicz : « L’antisémitisme est une constante des totalitarismes »

Psychanalyste et président de l’association Schibboleth, Michel Gad Wolkowicz vient de diriger l’ouvrage « Le sujet face au réel, et dans la transmission », aux éditions In Press.

Actualité Juive : Qu’est-ce que Schibboleth ?

Michel Gad Wolkowicz : En hébreu, schibboleth signifie « épi de blé ». C’est un fruit de la culture, qui nourrit, le résultat d’un « travail de civilisation » toujours à reprendre saison après saison. C’est aussi le nom de notre association fondée en 2008 « Schibboleth – Actualité de Freud », qui réunit un groupe d’universitaires, d’auteurs ou de praticiens de référence lors de colloques ouverts à tous, afin de croiser des regards sur des grands sujets sociétaux et civilisationnels. Notre force est de réussir à aborder des questions complexes et de réunir aussi bien un public de spécialistes que de néophytes. 


A.J.: Dans ce livre, vous faites une critique sévère de ces intellectuels qui préfèrent « une explication du monde qui les séduisent à la vérité  des hommes et de ce qu’ils vivent »… Que voulez-vous dire ?

M.G.W. : Depuis le XXe siècle, une grande partie de l’intelligentsia montre des positions complaisantes avec les totalitarismes, avec les idéologies totalitaires voire génocidaires. Ceux-ci préfèrent une idéologie qui les satisfait narcissiquement, qui les fascine, quitte à ignorer la dangerosité qu’elle représente. Raymond Aron appelle cela « L’opium des intellectuels ». Cela a pour conséquence un déni du réel, un déni que l’on observe aujourd’hui, par exemple, de l’islamisme. D’ailleurs, l’antisémitisme est au carrefour de toutes les idéologies totalitaires.


A.J.: Justement, vous évoquez également la psychopathologie de l’antisémitisme… De quoi est-il question ?

M.G.W.: L’antisémitisme est un phénomène qui peut être analysé au travers de la psychologie de masse. C’est aussi une façon de faire masse avec d’autres, faire cohésion avec un groupe, contre un autre. D’un point de vue psychologique, l’antisémite considère qu’il n’est responsable de rien de ce qui lui arrive, puisqu’il confie la responsabilité de ses échecs à quelqu’un d’extérieur, en l’occurrence, au juif. Il y a à la base une faille narcissique qui a pour conséquence de croire à la toute-puissance du juif. Une sorte de paranoïa individuelle puis collective. Etre antisémite c’est nier d’être libre et refuser d’accepter l’idée qu’on a des  failles, et que ces manques nous permettent d’avancer.

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