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18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique France/Politique

Francis Kalifat : « Dans l'affaire Sarah Halimi, le temps électoral a sans doute fait peur »

Crédit : Twitter

Pour sa première grande interview de rentrée, Francis Kalifat exprime à Actualité juive ses attentes en matière de lutte contre l'antisémitisme et maintient la pression sur Sentinelle.

Actualité Juive: Les autorités ont annoncé une prochaine évolution du dispositif Sentinelle pour le rendre « plus mobile » et « moins prévisible » selon la ministre des armées Florence Parly. Que savez-vous précisément de ces ajustements ?
F.K. :
Pour les ministères de l’Intérieur et des Armées, la sécurité est plus efficace dans le cadre d’un dispositif dynamique. Néanmoins, je ne me prive jamais de leur faire remarquer qu’il est important de répondre au sentiment d’insécurité, ressenti notamment par les parents d’élèves. Le fait de ne plus voir stationnés devant les écoles juives des policiers ou des militaires ne contribue pas à lever cette inquiétude. L’évolution dynamique de Sentinelle, à partir de septembre 2016, souffrait à ma demande d'une exception : les écoles, au moment de l’entrée et de la sortie des enfants. Malheureusement, on ne l’a pas vu s’appliquer dans les faits. Selon les autorités, cela n’a pas été possible en raison de la désorganisation du dispositif qu’une telle mesure impliquerait. Nos interlocuteurs sont de bonne volonté mais on rencontre un décalage entre l'écoute de nos besoins de sécurité et la mise en œuvre de solutions.

A.J.: Vous évoquez le cas des écoles mais nombreux sont nos lecteurs qui ont pu noter l’absence de gardes statiques devant les synagogues pendant les fêtes de Tichri.
F.K. :
Les synagogues demeurent des cibles. Mais, au regard de la généralisation des menaces, nous peinons à obtenir le retour au « statique » devant nos lieux de culte. J’attends des clarifications du ministère de l’Intérieur sur l’évolution de Sentinelle.

A.J.: Comment expliquez-vous que ce qui est devenu « l’affaire Sarah Halimi » ait tardé à attirer l’attention dans le pays, au-delà des milieux juifs ?
F.K. :
Alors que tous les éléments étaient réunis pour qualifier ce terrible acte d'antisémite, nous nous sommes heurtés au mur du silence : médiatique, politique, judiciaire. La seule explication que je me risquerais à donner est que le temps électoral a fait peur. Nous étions à la veille de l’élection présidentielle. Il n’y a pas eu de volonté d’étouffer cette affaire mais de la différer. La crainte était que cela puisse profiter à Marine Le Pen, le Front national étant à l’époque donné en tête du premier tour dans tous les sondages.

A.J. : Est-ce à dire que la communauté juive est, dans certaines situations dramatiques, l’otage de l’agenda politique national ?
F.K. :
Otage non, mais la communauté juive en subit parfois certaines conséquences. Les responsables communautaires ont immédiatement alerté le pouvoir politique et les médias. J’ai rencontré la garde des Sceaux, le procureur général de la Cour d'appel de Paris, le procureur de la République, les ministres de l’Intérieur successifs. Et suite à mon interpellation, lors de la commémoration de la rafle Vel d’Hiv, le Président de la République a appelé la justice à faire la « clarté » sur le meurtre de Sarah Halimi.

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