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18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Israël

Charles Aznavour à Tel-Aviv : Au-delà d'un concert

Le président israélien Reuven Rivlin en pleine discussion avec Charles Aznavour (FLASH90)

C’est à bord d’un rafiot craquant de la coque au pont que Charles Aznavour a emmené Tel-Aviv au pays des merveilles.

L’artiste a accueilli les passagers par un « Brouhim Habaïm » pour une traversée d’une heure et demie commencée à Paris au mois d’Août, Paris et sa Bohème. « C’est notre chanson à ma femme Néchama et à moi », lui avait confié le président israélien Reuven Rivlin, en le recevant, la veille à Jérusalem. D’ailleurs le couple présidentiel était à bord pour danser joue contre joue… des plaisirs démodés que l’on devrait remettre à la mode dans ce monde si pressé a dit Charles Aznavour. L’artiste engagé s’est souvenu, en chansons, des immigrants qui ont lutté, souffert, travaillé pour laisser à l’humanité un peu de leur génie, comme Picasso ou Marie Curie. Il a aussi évoqué ses sœurs et frères victimes du génocide arménien. « Ils sont tombés », a-t-il récité. Un génocide qu’Israël ne reconnaît toujours pas officiellement a-t-il regretté lors son rendez-vous présidentiel. Ils sont tombés, une chanson qui aurait pu être écrite pour le peuple juif lui avait dit, un jour, l’un de ses amis juifs à qui il avait fait la promesse d’un texte pour dénoncer les exactions perpétrées par les Hommes. Promesse tenue. « Ce que l'homme fait à l'homme au mépris de toutes lois, ce que l'homme fait à l'homme l'animal ne le fait pas, ce que l'homme fait à l'homme prenant prétexte sa foi, ce que l'homme fait à l'homme ça ne s'imagine pas ».


Tant de choses en commun

Ses parents ont même caché Arméniens et juifs chez eux à Paris pendant l’occupation nazie. C’est d’ailleurs en leur hommage que Reuven Rivlin a remis à Aznavour la médaille Raoul Wallenberg. Une médaille qu’il a demandé à recevoir en Israël bien que le comité se trouve à New York. Car, a-t-il dit, « nous, juifs et Arméniens, avons tant de choses en commun, dans le malheur, dans le bonheur, dans le travail, dans la musique, dans les arts et quand je viens en Israël, j’ai l’impression de venir dans un endroit familier car nous avons les mêmes façons de boire, de manger et de vivre ».       

Puis il a fallu débarquer. Le voyage était terminé, ce voyage chanté en duo avec sa fille Katia. L’histoire d’un homme qui navigue par le rêve et la pensée sur les vagues de son passé et d’une jeune fille qui vogue vers les rives de l'avenir. Aznavour a promis de refaire escale en Israël avec dans ses bagages une chanson en hébreu...

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