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18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Monde juif

Etats-Unis : Sur la trace des propriétaires des livres juifs

L’université de Columbia retrace l’histoire unique des livres juifs (DR)

Des chercheurs de l’Université de Columbia retracent, depuis quelques années, l’itinéraire de livres juifs ayant passé, à travers le monde, de propriétaire en propriétaire. Et aussi avec l’aide du public.

Le projet se nomme « Footprints » (soit traces de pas) : les livres juifs à travers le temps et les lieux ». Mené par des chercheurs de Columbia University (sise à Manhattan) mais aussi de l’université de Pittsburgh et de Stony Brook (dans l’État de New York), il a pour but de retracer l’histoire unique et les mouvements souvent nombreux des livres juifs des débuts de l’imprimerie au milieu du 15e siècle jusqu’aux temps modernes. Et ce, explique le site de « Footprints », parce que « les livres juifs en particulier ont une histoire fascinante à raconter sur le développement du savoir et de la foi dans la diaspora dans son entier ».

Pour ce faire, non seulement ces chercheurs se sont mis au travail (leurs collègues, de par le monde, peuvent ajouter des informations via Internet); mais ils ont aussi fait appel au public qui peut, si il le désire, participer à l’aventure ou suivre le blog qui lui est dédié. Le but de l’entreprise, explique Michelle Chesner, la codirectrice du projet, est, en fin de compte, « de créer une banque de données des inscriptions faites à la main, des tampons des censeurs, des ex libris, des annotations et autres signes figurant dans les livres anciens. Le projet étudie tout sauf le texte lui même afin de retracer la vie d’un livre, d’un propriétaire et d’un lieu aux suivants ».

Jusqu’aujourd’hui, environ 1 200 ouvrages, d’origine « ashkénaze » (c’est-à-dire imprimés quasi exclusivement en Europe) ou « séfarade » ont été scrutés et les résultats des recherches à leur propos peuvent être consultés en ligne. En fait, la curiosité des universitaires s’exerce en plusieurs directions. Géographique, tout d’abord, lorsqu’ils cherchent à restituer les pérégrinations d’un volume. Par exemple, un Talmud qui se trouve, de nos jours, à l’Université de Yale a été imprimé à Venise vers 1520 puis s’est retrouvé dans une synagogue d’Herat en Afghanistan avant de terminer son périple aux Etats-Unis.

Les chercheurs s’attachent, aussi, à déterminer le développement des idées religieuses parmi les juifs. Ainsi, la présence dans telle ou telle communauté de l’ouvrage contesté (et même, parfois, interdit) de Maimonide « Le Guide des Egarés » permet de suivre sa « réception » dans les communautés de la diaspora. 

Enfin, « Footprints » tente de répondre à des questions plus « historiques » : comme celle de savoir ce que lisaient les femmes juives par le passé. A ce propos, selon une liste qui se trouve à la bibliothèque Nationale à Paris, l’une d’entre elles, dénommée Rachel, possédait « Le Canon de la Médecine » écrit par un docteur perse au 11e siècle et imprimé à Naples en 1492. « Il est fascinant que quelque chose qui était un ouvrage de référence pour un médecin ait été en possession de cette femme au 16e siècle », souligne Michelle Chesner. 

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