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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Les secrets d’une victoire surprise

La nouvelle directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay

Qui aurait parié un dollar, un euro ou un shekel, quand François Hollande avait proposé la candidature à la direction générale de l’UNESCO de sa dernière ministre de la Culture Audrey Azoulay ?

Elle avait presque tout et tous contre elle. Elle est juive, et on ne s’est pas privé de le signaler. Elle violait sans le savoir la règle qui voudrait qu’un pays qui abrite une organisation internationale ne peut pas la faire diriger par un de ses nationaux. Une contre-vérité puisque René Maheu, originaire de Saint-Gaudens a été le directeur général de l’Unesco.

Huit autres candidats, dont quatre Arabes, rêvaient eux aussi de succéder à Irina Bokova. Dans cette enceinte où on a oublié depuis longtemps les valeurs d’éducation et de culture, au profit de celle de l’argent, pourra-elle lutter contre la corruption ?

Elle avait en face d’elle un lobby qui estimait que le temps d’une direction arabe était venu. Porte-parole d’une pétition d’intellectuels, l’écrivain égyptien Mohamed Salmavy avait appelé Emmanuel Macron à reconsidérer l’initiative prise par son prédécesseur. « N’a-t-il pas mesuré combien le prestige de la France allait être écorné par cette candidature qui vient voler la place à l’un de nos représentants ? », estimait-il. Et d’ajouter candidement : « Dans ces temps où l’Occident s’inquiète de la montée du fondamentalisme, qui mieux qu’un ressortissant du monde arabe pourrait diriger l’Unesco ? ». Emmanuel Macron a tenu tête. Il a mobilisé la diplomatie française, poussé la candidature d’Audrey Azoulay au G7, au G20 et dans d’autres instances internationales. Ce qui n’a pas été du goût de Jack Lang, le président de l’Institut du monde arabe dont une lettre privée a été curieusement publiée pendant l’élection. 

Candidat le plus dangereux,  Hamad al-Kawari, l’ancien ministre qatari de la Culture, avait choisi comme slogan de campagne : « Je ne viens pas les mains vides ». Et de distribuer ouvertement des enveloppes et d’offrir des voyages. Mais le Centre Simon Wiesenthal s’est rappelé à son mauvais  souvenir. Il a dénoncé la présence régulière de livres antisémites au Salon du livre de Doha et sur le stand qatari à la foire du livre de Francfort. 


La campagne de corruption menée par le Qatar a failli réussir

La campagne de corruption menée par le Qatar a failli réussir. Lors des premiers tours, al-Kawari est arrivé en tête. Mais la division des pays arabes lui a coûté cher. A égalité avec Audrey Azoulay, l’Égyptienne Moushira Khattab a été battue par la Française lors d’un vote éliminatoire. Malgré une campagne rude au départ contre l’ancienne ministre de la Culture, elle s’est désistée en sa faveur. Au bout du cinquième tour, Audrey Azoulay est arrivée à bout du Qatari avec deux voix d’avance. Sauf surprise, l’assemblée générale devrait entériner les 14 et 15 novembre le vote du conseil exécutif. Le véritable travail va commencer pour celle qui souligne qu’elle a « été bercée par les muézins comme par les cloches de Montparnasse et les chants des synagogues ».

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