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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Sport

Judo : Censuré, Israël brille à Abu Dhabi

Gili Cohen et Tal Flicker, deux des cinq médaillés israéliens (DR)

La délégation bleu et blanc a récolté cinq médailles sur les tatamis de la capitale des Emirats arabes unis dans une atmosphère pesante.

Quand la politique et le sport ne font plus qu’un… Les organisateurs du Grand Chelem d’Abu Dhabi avaient d’emblée donné la couleur en interdisant tout symbole faisant référence à l’Etat hébreu. L’Emirat, qui ne reconnaît pas Israël sur le plan diplomatique, a donc obtenu gain de cause auprès des instances du judo international dont le président honoraire n’est autre que Vladimir Poutine. Concrètement, les douze judokas israéliens engagés n’ont pas pu porter l’abréviation « ISR » sur leur kimono, arborant en lieu et place « IJF », l’acronyme de la Fédération internationale de judo. Autre contrainte infligée aux représentants de l’Etat hébreu : l’impossibilité de diffuser l’Hatikva en cas de médaille d’or. Tal Flicker, 25 ans, qui est arrivé en tête lors de l’épreuve des moins de 66 kilos, en a fait les frais. Perché sur la première marche du podium, l’athlète n’a pu donc entendre que l’hymne de l’IJF. « La chanson qu’ils ont diffusée était juste un bruit de fond pour moi. J’ai chanté l’Hatikva de tout mon cœur… », a déclaré celui qui a fait la une de la presse israélienne le week-end dernier. Miri Regev, la ministre des Sports, ne tardait pas à réagir dans un communiqué. « C’est la réponse du berger à la bergère. Israël a gagné alors qu’on essayait de maintenir nos athlètes dans l’ombre ».  

Ce n’est pas la première fois que les organisateurs agissent de la sorte.  Déjà, en 2015, les mêmes restrictions étaient imposées à l’encontre de la délégation israélienne. « Un judoka israélien peut gagner une médaille d’or à Abu Dhabi. Mais pas de drapeau ni d’hymne. Hypocrisie évidente. Honteux », a tweeté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Samedi dernier, le tournoi s’est malgré tout achevé sur l’un des meilleurs résultats de la sélection israélienne avec, outre l’or décroché par Flicker, quatre autres breloques en bronze obtenues par Or Sasson, Gili Cohen, Tohar Butbul et Peter Paltchik.                                                                       


« Une hypocrisie évidente. Honteux »

Par ailleurs, ce Grand Chelem a été le théâtre de scènes montrant des athlètes qui ont refusé de serrer la main de leurs homologues israéliens. C’est notamment le cas du combattant émirati, vaincu par Butbul lors des tours préliminaires. Quant à la Marocaine Aziza Chakir, celle-ci s’est enfuie à reculons pour éviter de saluer Shira Rishony. Pour apaiser le climat, le pays hôte présentait le dernier jour du tournoi des excuses « pour ses athlètes qui ont refusé de serrer la main » et félicitait la délégation israélienne pour ses performances sur les tatamis.                                          

Selon certains médias, à l’instar du Yediot Aharonot, les symboles israéliens pourraient être autorisés lors de la prochaine édition. Marius Vizer, le président autrichien de l’IJF, a indiqué que « dans le futur proche, nous pourrons obtenir les meilleures conditions de participation aux équipes israéliennes ». Et de poursuivre : « Des problèmes si sensibles entre pays, gouvernements et nations ne se règlent pas du jour au lendemain et ne peuvent pas être réglés immédiatement à travers le sport ». Le patron de l’IJF a également rappelé que le Maroc reconnaît aujourd’hui les athlètes israéliens à quelques jours du championnat du monde « toutes catégories » qui se déroulera à Marrakech et où Or Sasson et consorts sont attendus. 

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