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18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Israël-USA : Les relations avec l'administration Trump

B. Netanyahou aura été un des premiers invités du président américain D. Trump. (FLASH90)

Ce n'est pas une idylle, plutôt des retrouvailles. Les dirigeants s'entendent mieux. Israël se sent moins seul devant les organisations internationales. Mais le style Trump suffit-il à faire une politique, surtout au Proche-Orient ?

Avec la victoire de Donald Trump, on a pu entendre des soupirs de soulagement à Jérusalem. L'antipathie réciproque du président Obama et du Premier ministre Netanyahou allait faire place à une amitié complice. Le nouveau chef de la Maison Blanche affectait aux relations avec Israël un petit cercle de proches, dont son avocat David Friedman qu'il a nommé à l'ambassade, Jason Greenblatt, son conseiller juridique à qui il a confié les navettes entre Israéliens et Palestiniens et son gendre Jared Kushner pour superviser le tout. Le chef du gouvernement israélien fut l'un des premiers hôtes de la Maison Blanche après l'investiture du président républicain. La visite de Donald Trump à Jérusalem en mai dernier n'a été qu'une longue suite d'embrassades et de congratulations. Jamais encore, Israël n'avait eu autant d'interlocuteurs acquis à sa cause.

Cerise sur le gâteau : la nomination de Nikki Haley au poste d'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu. L'ancienne gouverneure de Caroline du Sud n'a jamais caché sa sympathie pour Israël. Elle va en devenir le plus fervent défenseur devant toutes les instances des Nations unies. L'ambassadrice monte au créneau devant le Conseil de Sécurité, au Conseil des Droits de l'Homme, ou face à l'Unesco, dont elle annonce le retrait américain et dénonce leur « obsession anti-israélienne ». Elle se révèle presque plus sioniste que l'ambassadeur d'Israël. 

Dans la coalition israélienne on a d'ailleurs du mal à s'accoutumer à ce nouveau style entre franc-parler et flou diplomatique. Le président Trump ne parle pas de « solution à deux Etats » mais de « deal » pour régler le conflit israélo-palestinien, « celui qui conviendra aux deux parties ». Les émissaires de la Maison Blanche ne sont-ils pas trop acquis à la cause israélienne pour être pris au sérieux par les Palestiniens ? Jusqu'où Donald Trump sera-t-il prêt à laisser la bride sur le cou à ses négociateurs avant d'exiger des résultats ? Instruit par l'expérience, le chef du gouvernement israélien reste prudent et freine les ardeurs de ses partenaires de la coalition, qui rêvent déjà de relancer à plein régime la construction en Judée Samarie et d'annexer les implantations. Dix mois après l'investiture de Donald Trump, on attend toujours le plan de paix qu'il a promis de soumettre aux deux camps.


Plus fervent défenseur

L'administration Trump est encore plus évasive quand il s'agit du dossier syrien. Alors qu'Israël s'inquiète à juste titre de la montée en puissance de l'Iran qui se prépare à s'installer sur sa frontière du Golan, le silence de Washington est assourdissant. Sur ce point, comme sur l'influence croissante de Téhéran au Yémen ou en Irak, le chef de la Maison Blanche n'a toujours pas dit comment il allait s'y prendre pour la contrer. 

A son entrée à la Maison Blanche et déjà durant sa campagne, Donald Trump avait dénoncé le « très mauvais accord » conclu par les grandes puissances avec l'Iran sur son programme nucléaire. Le mois dernier, le président américain a refusé de certifier le protocole, mais ne semble plus aussi pressé de l'annuler totalement. Une marche arrière qui laisse Israël un peu isolé, aussi longtemps que l'administration Trump ne proposera pas une alternative concrète. Seul le rapprochement amorcé avec les Etats arabes sunnites par Israël et son allié américain peut faire espérer que Donald Trump a une ambition pour le Moyen-Orient. 

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