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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Régions

Marseille : La cité phocéenne se souvient des déportés du Château de la Verdière

Les écoliers et l’adjointe au maire Caroline Pozmentier ont rendu hommage aux déportés par le dépôt d’une rose. (D.R.)

Plus de cent cinquante personnes se sont rassemblées solennellement, comme chaque année à la fin octobre, devant la stèle érigée en mémoire des trente enfants juifs,des six mères et de leur directrice Alice Salomon, déportés du Château de la Verdière, puis gazés et brûlés à Auschwitz.

Depuis que la stèle fut placée en lieu et place du Château de la Verdière le 29 janvier 1998, c’est devant celle-ci que les responsables communautaires, les élus, les dignitaires religieux prennent la parole pour ne pas oublier l’histoire douloureuse de cet ancien château. En maître de cérémonie, Jean-Jacques Zenou, responsable du Comité des enfants de la Verdière, a remercié les personnalités et le public peu nombreux cette année pour leur implication en faveur du devoir de mémoire. Puis il a donné la parole à l’historienne Suzette Hazan qui avait remémoré cette histoire, avec les étudiants juifs et l’Amicale des déportés d’Auschwitz. À chaque commémoration, inlassablement, elle raconte devant le public le terrible sort de ces femmes et enfants juifs déportés vers les camps de la mort. « Ce château devenu dispensaire avait été ouvert le 24 mai 1943 par l’Union générale des israélites de France (UGIF) pour y installer des femmes et des enfants juifs raflés. Le 24 octobre 1943 au matin, la Gestapo investit le lieu, arrêtant tous les occupants, parmi lesquels des enfants de 6 mois à 17 ans, leurs mères et leur directrice ».

« Rénovation méritée »

Malgré la fatigue liée à leur grand âge, les déportés sont encore là pour témoigner également de l’indicible. Représentant Denise Torros Marter, présidente de l’Amicale des déportés d’Auschwitz, sa nièce Élisabeth Marter a lancé : « Cela aurait pu commencer comme un conte pour la jeunesse, si ce n’avait été en vérité une tragédie que nous nous devons de transmettre de génération en génération afin de ne jamais oublier ce qui fut, et qui doit encore et toujours aiguiser notre vigilance… Pour que plus jamais ne soit étouffé un rire d’enfant. » Bruno Benjamin président du CRIF a posé la question du pourquoi d’une commémoration, et selon lui : « Le devoir et le travail de mémoire sont les bases du rappel et du martèlement de la négativité de ces idéologies mortifères. » Corroborant ses paroles, Caroline Pozmentier, adjointe au maire de la Ville et vice-présidente de la Région a ajouté : « La ville fera tout ce qui est en son pouvoir pour que le Mémorial des camps de la mort ouvre après une rénovation méritée. » Ce lieu de mémoire, comme l’a noté l’adjointe, devrait de nouveau exister dans la ville afin de perpétuer le travail de mémoire. En fin de cérémonie, après la lecture par la nouvelle députée Alexandra Louis (En Marche) des noms de chaque enfant déporté et le dépôt d’une rose par des écoliers et les élus sur la stèle en souvenir du drame, le rav Labkovsky, très ému, a entonné la Hachkaba et le Kaddish.

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