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18 Août 2017 | 26, Av 5777 | Mise à jour le 28/07/2017 à 13h41

19 août 2017 - Chabbat Réé : 20h42 - 21h50

Moyen-Orient/Monde

Une guerre mondiale "postmoderne"

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Dans l'idéologie contemporaine, il n'y a plus d'Etats mais une "communauté internationale", plus de souveraineté mais une gouvernance "globale", plus de nations mais du "vivre ensemble", plus de "guerres" mais des différends... Et pourtant!  Le déni de la réalité fait ainsi aujourd'hui corps avec la réalité. Cette donnée a des illustrations autant nationales qu'internationales. Sur ce dernier plan, ce paradoxe (entre le jugement et la réalité) est aujourd'hui à son sommet. Une guerre a commencé sur tous les continents où s'exerce l'agression islamiste, que tout le monde dénie et refuse d'identifier comme telle, à la fois dans les modes et dans l'objet. Aujourd'hui, cette guerre  prend une dimension mondiale: la "coalition" de 40 États qu'annonce Obama pour abattre l'Etat islamique en constitue un tournant. 

Son motif est significatif car l'Etat islamique, en se voulant le siège du Califat ressuscité, est devenu ipso facto l'ennemi planétaire, facteur annonciateur d'une guerre trans-étatique, du simple fait qu'il est le successeur du prophète de l'islam autorisé à demander allégeance à tous les musulmans du monde, dans l'injonction au djihad. Or le monde musulman, outre qu'il s'étend sur une bonne partie de la planète est aussi répandu dans les pays d'Occident. 
   
Cette guerre prend la forme du "choc des civilisations" tant dénié par les publicistes politiquement corrects en Occident, une vérité objective que, sans aucun doute, la coalition d'Obama vise toujours à travestir en y enrôlant des Etats arabes ou musulmans. Si, dans ce choc, une seule religion est concernée, à l'origine de la confrontation, l'islam, l'autre force en lice est le régime démocratique, dont le berceau religieux "judéo-chrétien", n'est cependant pas activé comme tel, dans cette confrontation. Il n'en est pas moins présent. Songeons que face à la "Déclaration Universelle des droits de l'homme", il existe une "Déclaration des droits de l'homme" selon la Sharia... Songeons que face à l'ONU et dans l'ONU existe l'Organisation de la Coopération Islamique (siège Al Kuds, soit Jérusalem... quand elle sera devenue arabe), regroupant une soixantaine d'Etats et qui est une forme de califat politique qui noyaute la pseudo "communauté internationale" et constitue de facto une rivale de l'ONU.
   

« Un camp s'interdit d'identifier l'ennemi qui l'attaque, ce dont lui ne se prive pas.»

Ces grands mouvements militaires, d'un continent à l'autre, le facteur unifiant - l'islam - de l'ennemi, le côté erratique, international, intra-national, par delà les frontières, du conflit ne trompent pas sur ce qui est en jeu. Au même moment des blocs se créent sur un plan planétaire comme si de nouveaux "empires" étaient en lice: U.E., C.E.I.  autour de la Russie, grande Turquie post-ottomane d'Erdogan, Grande Perse iranienne, le Qatar, empire sans territoire, des Etat massifs comme la Chine et l'Inde. Ce sont des géants géopolitiques qui s'entrechoquent et se mesurent les uns aux autres. L'effondrement d'une partie importante des Etats-nations arabes crée un vide politique générateur d'une onde de violence qui gagnera d'autres Etats et où s'engouffre le califat mondial, projet d'un empire mondial. 
   
Un autre facteur de la mondialisation de la guerre est la planétarisation du conflit arabo-israélien, un phénomène à l'impact symbolique gigantesque qui n'a rien à voir avec sa réalité concrète qui oppose deux fois 6 millions de personnes et qui fait qu'Israël est devenu le marqueur sismique de cette guerre larvée. 
   
Le facteur le plus stupéfiant de cette guerre, cependant, c'est qu'un camp s'interdit d'identifier l'ennemi qui l'attaque, ce dont lui ne se prive pas. Nous avons eu droit à une incroyable déclaration d'Obama affirmant que l'Etat islamique n'était pas l'islam. Cameron fit la même déclaration au lendemain d'un ignoble égorgement en Angleterre. Hollande, en théologien "républicain" déclara devant le parlement tunisien ce qu'est l'islam, "soluble dans la démocratie"... Cazeneuve fit de même. 

Or si tous les musulmans ne se livrent pas au djihad, tous les djihadistes sont musulmans et puisent dans l'islam leur projet de domination et de maîtrise suprématiste. C'est un fait (qui ne devrait poser un problème qu'aux musulmans qui récusent le djihad). Les Israéliens sont ceux par qui le scandale arrive. Le déni de l'Occident les entrave dans la guerre à laquelle ils sont contraints. Ce  déni est l'assurance de l'échec pour la stratégie occidentale. Le moment de vérité approche pour la démocratie. 
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