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18 Octobre 2017 | 28, Tishri 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

21 octobre 2017 - Chabbat Noah' : 18h34 - 19h35

Israël

Israéliens, Palestiniens : quelles stratégies pour la paix ?

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Comment sortir du plus long conflit de notre temps ? Pour régler le conflit israélo-palestinien, trois options ont été évoquées. La première option est « unilatérale » : les Palestiniens proclament l’indépendance de leur Etat hors de tout accord avec Israël et demande aux Nations unies de reconnaître leur indépendance sans s’engager à créer les conditions d’une coexistence pacifique avec Israël et sans déterminer les frontières réelles sur le terrain. Cette option évoquée à plusieurs reprises comme une menace contre Israël a le soutien de certains pays, qui ne s’interrogent pas sur les conséquences désastreuses d’une telle position.

La deuxième option est « multilatérale » : elle consiste à réunir soit l’assemblée générale des Nations unies, soit le Conseil de Sécurité, soit une conférence internationale pour la paix. Israël étant placé alors dans la posture d’un accusé face à un tribunal qui a déjà prononcé la « culpabilité » de l’Etat juif.

La troisième option reste celle toujours soutenue par l’Etat d’Israël, la solution « bilatérale ».

Cela implique que les deux protagonistes du conflit, le gouvernement israélien et l’autorité Palestinienne doivent devenir les interlocuteurs d’un processus à travers des  négociations directes sans conditions préalables. Dans la vision israélienne, les acteurs du conflit doivent devenir les acteurs de la solution du conflit, aucun des deux, ni Israël, ni les Palestiniens ne peuvent imposer unilatéralement des solutions. Aucun d’eux ne peut se prévaloir des idées, ni des propositions, ni des paramètres formulés dans le passé. Tout est à reprendre dès le départ dans une négociation où rien n’a été résolu et acté.

L’agenda des thèmes qui seront décidés dans le cadre des négociations directes entre les deux partenaires, doit couvrir la totalité des questions qui constituent des obstacles à la pacification  définitive : 

nature juridique du traité de Paix entre les deux parties, reconnaissance réciproque des deux États, selon les règles du droit international ; détermination des frontières sûres, reconnues et définitives entre les deux États avec échange éventuel des territoires fondé sur la réciprocité ; règlement de la question des implantations israéliennes dans des territoires qui seront placés sous l’autorité palestinienne ; solution définitive des réfugiés, arabes et juifs, originaires des pays arabes et musulmans ; règlement du statut de la ville et de la région de Jérusalem ; protection d’un statut spécial des lieux saints de toutes les religions ; détermination des arrangements sécuritaires, y compris la détermination des territoires palestiniens, incluant la lutte contre le terrorisme et le démantèlement de toutes les organisations terroristes.


« Dans la vision israélienne, les acteurs du conflit doivent devenir les acteurs de la solution du conflit.»


Toutes ces questions peuvent et doivent être traitées dans le dialogue nécessairement difficile, long et pénible et pourtant incontournable.

Cette solution n’aboutira pas en quelques semaines, mais elle est la seule voie constructive pour la résolution du conflit.

Les réunions internationales ne peuvent que créer en Israël, une amère impression de solitude et d’incompréhension, tout en encourageant chez les Palestiniens, l’illusion qu’ils arriveront à réaliser leur rêve national sans payer l’indispensable prix des compromis douloureux. Il est facile de réunir des assemblées internationales pour parler du conflit israélo-palestinien. Ces conférences internationales n’ont jamais abouti à aucun résultat dans pratiquement aucun domaine. Les conflits internationaux qui ont été résolus ne doivent rien à ces réunions de bavardages et d’accusations. L’Assemblée générale des Nations unies n’a réussi à régler aucun des conflits de la planète : les Malouines, Gibraltar, Ceuta et Melilla, Sahara occidental, Chypre, Crimée, Géorgie, Cachemire, etc…

On ne voit pas par quel miracle cette assemblée pourrait trouver la voie vers une solution du conflit israélo-palestinien. Décidément, il faut abandonner cette illusion qui ferait perdre aux deux parties des années précieuses.

Entre-temps, le Proche-Orient est à feu et à sang.


Raphy Marciano

Directeur de l’Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe

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