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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Monde juif

La résistance de l’esprit face à l’arrogance de la barbarie

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Réfléchissant à la vie exceptionnelle et à l’œuvre magistrale d’Elie Wiesel, un auteur qui a su transmettre, dans la beauté et la finesse de la langue française, la grandeur et la tragédie d’un monde spirituel menacé et persécuté par la tyrannie, le moment est venu de chercher les voies de la reconstruction heureuse d’une société brisée. 

Le magistral écrivain appartient à une génération qui a marqué l’histoire contemporaine : celle des survivants d’une terrifiante catastrophe mortifère. D’hommes et de femmes qui, dépassant, dans un extraordinaire, incroyable effort de résilience, les épreuves de la Nuit et du Brouillard, ont su tirer de leur expérience de la persécution totalitaire, de la déportation en masse, de l’horreur de l’univers concentrationnaire, de la résistance héroïque à l’oppression, des leçons d’avenir pour construire une nouvelle civilisation pacifiée, réconciliée, libérée de la peur et de la haine. Le message de Wiesel  s’adresse à tous les citoyens du village planétaire, à tous les hommes et femmes de notre temps, sans exception, au-delà des frontières nationales, ethniques, linguistiques, confessionnelles, sociales, pour dire qu’une nouvelle humanité est possible : une société humaine affranchie de la peur de l’autre, de la haine des différences, du mépris de l’étranger, du soupçon de l’inconnu. Pour construire ce monde meilleur, le lauréat du Prix Nobel de la Paix propose une idée-clef primordiale : résister courageusement et combattre avec énergie les vieux démons qui ont conduit notre planète à des conflits meurtriers. 


« Conflits meurtriers »


Elie Wiesel est une figure majeure de la culture, de la littérature et de la pensée du judaïsme de l’après-guerre. Mais il n’est pas seulement un écrivain juif, s’adressant à ses frères juifs pour raconter l’histoire dramatique du peuple juif. Il est un écrivain universel s’adressant, à partir de sa condition singulière et de son héritage historique, à tous les hommes et femmes de notre temps. Son expérience cruelle et tragique des années brunes, des années qui ont vu la mort programmée de six millions de ses frères juifs, parce que juifs, a conduit Wiesel à devenir un éveilleur de conscience pour tous les peuples, dénonçant les haines génocidaires du XXe siècle qui ont provoqué la destruction d’innombrables populations civiles : Arméniens, Tutsis du Rwanda, Cambodgiens, populations de l’ancienne Yougoslavie, chrétiens et yezidis de l’Irak, insistant toujours sur le devoir de solidarité, de justice, de mémoire et d’histoire, instruments d’une victoire de la vie sur la mort, de l’intelligence ouverte sur les passions intraitables du fanatisme.

Etudier la création multiforme, sensible et universaliste de Wiesel est une mission pour  une société de résilience, à la recherche de ses racines de tolérance et de liberté, sans lesquelles, l’Europe que nous voulons  bâtir pour les générations futures n’existerait pas.

Ce qui nous conduit à explorer ce concept énigmatique, mis en lumière par le grand savant Boris Cyrulnik, lui-même survivant de la déportation, devenu l’une des grandes figures contemporaines du savoir clinique.

Que signifie le concept de « résilience » ? Simple mécanisme psychique ou plutôt modalité profonde  d’expression de l’existence humaine dans l’intimité de l’être et dans les relations avec autrui ? 


« Résilience, Renaissance, Reconstruction : colloque  en hommage à Elie Wiesel », Dimanche 3 décembre 2017, Institut Elie Wiesel, Paris

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