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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

France/Politique

Procès attentat 2012 : La dignité des victimes

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Il y a quelques années, des animateurs de radios, avaient fait un pari : il s’agissait pour celui qui était à l’antenne de prononcer un ou plusieurs mots, sans aucun rapport avec le sujet de leur émission. C’était amusant et cette farce avait fait le tour de France en quelques jours… (les réseaux sociaux n’existaient pas alors, et le buzz souffrait de quelques lenteurs). Si l’attitude et les propos n’étaient pas scandaleux et insultants, on pourrait imaginer que le sieur Melenchon, nostalgique de ces plaisanteries potaches, a fait le même pari : prononcer le mot « Israël » en toutes circonstances.

Ainsi, le leader de la France dite « insoumise » a réussi le tour de force de mêler Israël à la mission sur la Nouvelle-Calédonie, dont il a démissionné pour ne pas –dit-il- avoir à y siéger aux côtés de Manuel Valls.

Je ne reviendrai pas ici sur les qualificatifs que monsieur Melenchon n’a pas pu s’empêcher d’utiliser à l’endroit d’un ancien Premier ministre.

Ce dernier s’est défendu tout seul et continuera à le faire. 

Je veux toutefois ici et publiquement redire à Manuel Valls toute notre solidarité et notre sympathie face à ces attaques iniques dont la violence et le côté insidieux nous rappellent celles de certains parlementaires des années 30. 

Ce qui m’interroge est cette véritable obsession d’Israël qui anime l’Occident et que l’écrivain Salman Rushdie, qui fait l’objet depuis plus de dix ans d’une fatwa, dénonçait en 2013. 

C’est cette obsession qui « inspire » le député des Bouches-du- Rhône et ses amis d’extrême gauche. Car franchement, pour réussir à ramener la politique israélienne dans le débat franco-français, sur un sujet comme celui de la Nouvelle-Calédonie, il fallait le faire sans craindre le ridicule ! 

C’est elle qui a conduit les amis de monsieur Melenchon à défiler en 2014 dans les rues de Paris en criant « mort aux juifs ». A l’époque, je tiens à le rappeler, le gouvernement avait fermement condamné ces propos, et le chef de ce gouvernement s’appelait … Manuel Valls.

C’est elle qui a tué à Toulouse en mars 2012.

Tout le monde se souvient qu’avant sa mort Mohamed Merah, de sinistre mémoire, a justifié avoir visé une école juive « pour venger les enfants palestiniens ».

Et puisque j’évoque cet individu, je dois ici dire un mot du procès de ses complices qui s’est ouvert le 2 octobre dernier devant la Cour d’Assises de la Cour d’Appel de Paris spécialement composée (de magistrats professionnels).

J’ai le lourd privilège d’y assister comme avocat (notamment aux côtés de mes confrères Elie Korchia, Patrick Klugman et Philippe Soussi) pour défendre certaines des parties civiles. 

Pour des raisons évidentes, je ne rentrerai pas dans le détail de ce procès historique et hors normes.

J’écrirai simplement que la pudeur des familles de victimes (soldats ou victimes d’Ozar Hathora) contraste singulièrement avec l’indécence qui prévaut du côté des prévenus.

Je veux ici rendre hommage  aux familles Sandler, Monsonego, aux familles de soldats et à celles des victimes qui assistent avec dignité aux débats, revivant ces moments terribles, supportant en silence d’entendre dans le détail ce qu’ont subi leurs proches, enfants, bébés, mari en ces terribles jours des 12, 15 et 19 mars 2012 à Montauban et Toulouse et qui sont également contraintes d’endurer les incidents à répétition suscités ou créés par la défense.

Ainsi, je veux dire la fierté que j’ai ressentie en voyant arriver devant la Cour ces jeunes gens, élèves ou bénévoles à l’époque des faits de l’Ecole Ozar Hathora, victimes, témoins directs de la tuerie de Toulouse, venus témoigner, dignement, debout, Kippa sur la tête, dans une tenue impeccable, s’exprimant parfaitement, prêts à affronter sans peur et sans crainte le regard des deux prévenus qui se tapissaient au fond du box des accusés.

Je pense en particulier ici à Yaakov S. et à Dovan M. à qui je veux dire toute mon admiration pour le courage dont ils ont fait preuve au moment des faits, tout comme devant la Cour.

Nous pouvons être fiers de notre jeunesse, elle respire la vie. 

Elle est républicaine et citoyenne. 

Ni dans la haine, ni dans l’obsession, elle incarne l’avenir du peuple juif et de la France. 


Ariel Goldmann Président du FSJU / AUJF et de la Fondation du Judaïsme Français

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