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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Judaïsme

Sur l’autre rive

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Un verset de la sidra énonce: « Le rescapé arriva, il raconta à Avram l’hébreu, Avram entendit que son frère était retenu captif » (Beréchit 14, 13-14). Pourquoi Avram est-il appelé ici « Avram haïvri, Avram l’hébreu » ? De façon générale, la Torah parle d’Avram simplement ?
Il faut donc comprendre que le rescapé vient s’adresser à Avram en tant qu’hébreu. En effet, le Sforno explique que le rescapé en question ignore tout du lien de parenté qui unit Avram et Lot, retenu prisonnier. Ce que savait le rescapé, c’est qu’Avram se réclamait d’un personnage biblique appelé ‘Ever qui fut un grand tsadik, un homme pour qui la justice et la vérité constituaient les ambitions fondamentales de sa vie. On parle bien dans le midrach de la yechiva de Chem et ‘Ever, de cet espace d’apprentissage et de transmission de la tradition « hébraïque » littéralement. Le témoin ne s’adresse donc pas à Avram, l’oncle de Lot mais à Avram l’hébreu dont il sait qu’il ne restera pas les mains croisées en apprenant qu’on a privé de liberté un innocent.
Le Midrach Beréchit Rabba (42, 8) explique qu’Avram est ‘ivri car le monde se situe sur une rive (‘éver) et Avram sur l’autre. Avram a traversé (‘avar) le fleuve et il marche seul. Avram l’hébreu est donc différent, singulier. Ses rêves, ses projets, son mode de vie diffèrent de ceux des autres hommes. Avram se consacre à sa Torah, au chabbat, il observe les lois de la cacherout et il vient à la choul. Il mène une vie juive. Il marche sur sa rive à lui.
Mais - et c’est essentiel - cette singularité ne signifie pas et en aucun cas désintéressement du monde, indifférence aux autres. Au contraire ! La preuve, c’est notre verset : quand Lot subi une flagrante injustice, c’est Avram qu’on avertit, c’est Avram, l’homme si différent; c'est lui que l'on alerte, c’est lui que l’on prévient. C’est sur lui que l’on compte, on compte sur cet homme de D.ieu qui parle de Torah, pour rétablir la justice et le droit.
On comprend alors qu’une transgression de la Torah se nomme « ‘avéra », de la racine « ‘avar », traverser. Quand on ne suit pas le chemin de la Torah, on rebrousse chemin, on quitte la rive ou marche Avram, et l’on se retrouve de l’autre côté, éloigné du destin du peuple juif.  Le terme « ‘avéra » ou transgression vient de la racine «’avar ». En hébreu, le « ‘avar » désigne le temps du passé. La faute est l’élément qui nous retient dans le passé, c’est le facteur qui nous empêche d’avancer. Avram haivri c’est Avram qui a dépassé l’obstacle de la faute. Les mitsvot constituent, à l’inverse, l’avenir du peuple juif !

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